[CINÉMA] The Odyssey (2e avis)

Après mon article sur le poème L’Odyssée d’Homère, je reviens vous parler de son adaptation par Christopher Nolan. J’étais ressorti vraiment déçu de ma première séance, notamment car je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus magique et épique. À mes yeux, rien ne ressortait dans la réalisation de Nolan, aucune scène ne m’avait vraiment marqué (hormis le combat final). Sans compter le wokisme à outrance et les dialogues à pleurer (Homère a bien dû se retourner dans sa tombe en entendant Euryloque traiter Ulysse de « Lucky basterd »). Malgré tout, je me disais que j’étais passé à côté de ce film et que je devais lui redonner une chance. Ce que j’ai fait.

J’ai néanmoins d’abord lu l’œuvre originale, qui m’a d’ailleurs beaucoup plu. Et j’ai été surpris de finalement constater que Christopher Nolan a su rester fidèle au scénario du matériau source. Évidemment, un bouquin comme L’Odyssée ne pouvait pas être adapté tel quel sur grand écran. Il y a beaucoup (beaucoup) de personnages, beaucoup (beaucoup) de péripéties et beaucoup (beaucoup) de thématiques sous-jacentes à exploiter. Le réalisateur américain a donc dû faire des coupes dans le récit d’origine afin de le rendre plus accessible et plus « digeste » pour le grand public. Et même après l’avoir revu au cinéma, il y a des choix scénaristiques qui sont judicieux selon moi, tandis que d’autres me font dire : « Meh ! »

Je commence par les points négatifs (sans trop m’attarder dessus). Je vous avais déjà fait part de mon exaspération au sujet du casting cosmopolite du film. Bon, cette fois, je suis passé outre dès le début. Mais bon, avouez qu’on ne pense pas forcément à Lupita N’yongo en Hélène de Troie (même si elle joue très bien ce personnage). Ni à Elliot Page en Sinon (même s’il joue bien aussi). L’autre point négatif concerne le message antipatriarcal pas subtil pour un sou que veut véhiculer cette adaptation de L’Odyssée. Certes, après avoir lu le poème, je reconnais que les personnages féminins sont mis au second plan pour la majorité. J’entends donc la nécessité de les actualiser un peu. Si c’est réussi pour Pénélope et pour Calypso, ça l’est moins pour Circé (« J’ai changé tes soldats en cochons, car ce sont de gros porcs dégueulasses par nature ! » Oui, bien sûr…). Bref, ces détails-là me font toujours lever les yeux au ciel.

Maintenant, passons aux points positifs et pour le coup, ils sont nombreux. Déjà, le casting est très bon. Je me suis même « réconcilié » avec Anne Hathaway en Pénélope. Les rôles secondaires s’en sortent bien pour la plupart (notamment Robert Pattinson en Antinoos) et Tom Holland incarne bien Télémaque à l’écran. Mais c’est surtout Matt Damon qui est magistrale dans le rôle d’Ulysse. Le long-métrage repose clairement sur sa performance tout en nuance. On voit ainsi évoluer son personnage à l’écran, qui passe d’un guerrier orgueilleux et quelque peu arrogant à un homme plus sage et plus réfléchi dans ses actes, le traumatisme de la guerre étant passé par là. J’avais déjà beaucoup aimé cet aspect du long-métrage et mon ressenti n’a clairement pas changé à ce sujet.

Et qui dit traumatisme de guerre, dit ambiance plus sombre. Christopher Nolan a fait ce choix pour son adaptation de L’Odyssée, là où le poème original d’Homère est beaucoup plus coloré dans l’esprit. Si la première fois, je m’étais demandé où était la magie de L’Odyssée, j’ai désormais un regard différent sur cette question. Cette odyssée-là est plus noire, tout en étant magique et épique dans l’âme. La présence des dieux n’est que suggérée ici (via des tempêtes ou des coups de tonnerre) et les monstres sont assez simplistes (le cyclope Polyphème est toujours aussi moche, alors que Scylla est assez réussi je trouve). L’épisode de Troie tient une place importante dans le scénario. Et le combat final qui oppose Ulysse aux prétendants de Pénélope est tout simplement incroyable (en plus de donner des frissons). En d’autres mots, le film de Nolan m’a autant émerveillé que l’œuvre d’Homère.

Enfin, pour ce qui est de la réalisation, il y a davantage de passages qui m’ont marqué (comme la scène des soldats à l’intérieur du cheval de Troie et le sort de Circé). Il y a aussi de très beaux plans d’ensemble, que ce soit pour les scènes dans la mer comme sur les différentes îles. Et ce qui renforce véritablement l’immersion dans ces décors est la bande originale composée par Ludwig Göransson. Quand on dit que la musique est un acteur à part entière dans une œuvre cinématographique, ça n’a jamais été aussi vrai que dans cette superproduction qu’est L’Odyssée. Cela faisait longtemps que la BO d’un film ne m’avait pas autant plu (ça me donne même envie de l’écouter en boucle).

Pour conclure, cette seconde séance de L’Odyssée de Christopher Nolan m’a bien plus convaincu. C’est même le premier long-métrage du réalisateur américain que je vais revoir au cinéma… et que j’ai encore envie de regarder ! Rien que cette fois, j’ai pu découvrir plein de nouveaux détails et références au poème d’Homère (le lire m’a clairement permis de bien mieux appréhender et apprécier son adaptation cinématographique). De plus, je n’ai pas du tout vu les 3 h passer (là où j’avais trouvé le temps un peu long au début, à ma première séance). Comme Super Mario Galaxy, il est désormais parmi les films que j’ai le plus aimés en 2026. Bref, vivement sa sortie en Blu-Ray !

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