[LIVRE] Homère, L’Odyssée

Un mois après avoir vous avoir donné mon avis sur l’adaptation cinématographique de Christopher Nolan, je vous parle du poème d’Homère. En effet, le film m’a immédiatement donné envie de lire l’œuvre originale. Je me suis donc plongé dans L’Odyssée traduit par Philippe Jaccottet — beaucoup recommandent cette traduction en guise de première lecture. Il en existe d’ailleurs d’autres, de même qu’une version abrégée et des réadaptations (notamment sur les personnages féminins). Et je pense m’y pencher à l’avenir, car le texte d’Homère m’a beaucoup plu.

Pourtant, c’est la première fois que je lis une œuvre telle que L’Odyssée. Comme il s’agit d’un poème, ce ne sont pas des chapitres, sinon des chants qui le composent. Ce qui influe logiquement sur son style littéraire (qui peut en dérouter plus d’un). Pour être honnête, ça m’a perturbé au début et je me suis demandé si j’irai au bout de ma lecture. Mais passée la première partie (les quatre premiers chants, soit le voyage de Télémaque), je suis vraiment rentré dans l’histoire.

Dès qu’Ulysse fait son apparition, le récit devient happant et on se régale de découvrir ses aventures. En fait, comme le bouquin débute à Ithaque du point de vue de Télémaque et que ce dernier s’en va à la recherche de son père, je pensais qu’on découvrirait l’histoire de ce dernier à travers les témoignages de ses anciens collègues d’armes. Ce qui aurait pu être intéressant, par ailleurs. Finalement, le fait qu’Ulysse la conte lui-même est tout aussi bien.

Au fil de ma lecture, j’ai adoré que le monde imaginé et décrit par Homère soit merveilleux et coloré, plein de magie, de mystères. Je me suis ainsi amusé à me représenter tous les personnages et décors, allant du majestueux palais de la sorcière Circé au cyclope Polyphème, en passant par le royaume fictif de la Phaécie (ses paysages, et ses us et coutumes). De fait, chaque fois que je me replongeais dans le poème, j’avais l’impression de m’évader. À l’heure actuelle où la société part de plus en plus à la dérive, ça me faisait énormément de bien de côtoyer un univers imaginaire plein d’optimisme et d’espoir. Malgré la violence et la loi du plus fort qui sont bien mises en avant, notamment avec le combat final sanguinaire qui oppose Ulysse aux prétendants de son épouse Pénélope. Et si l’ensemble est optimiste et rempli d’espoir, c’est grâce aux dieux.

Ces derniers influent sans cesse sur le déroulé des événements. Athéna aide Ulysse (et Télémaque), et Hermès vient parfois lui porter secours. Tandis que Poséidon ne cherche qu’à se venger de lui suite au meurtre de son fils Polyphème. Et que Zeus s’assure que le cours des choses soit bien respecté (cf. quand il tue les derniers compagnons d’Ulysse après qu’ils aient tué et mangé les vaches sacrées du dieu Soleil, alors que c’était interdit). Tout ça renforce l’idée que L’Odyssée est une épopée fantastique.

Les personnages humains ont également des caractéristiques bien définies qui leur sont propres. Ulysse est ainsi malin et rusé, puisqu’il arrive à se tirer de chaque mauvais pas (bien qu’Athéna lui porte souvent assistance), tout en étant animé par un esprit de vengeance et de violence. Il a aussi un côté très orgueilleux, puisqu’il rappelle toujours à quiconque veut l’entendre ses exploits. Sans compter sa vulnérabilité, renforcée par le traumatisme que lui a fait subir la guerre de Troie et son exil forcé sur l’île de Calypso. Télémaque, lui, passe d’un adolescent innocent à un adulte dont l’absence de père l’a forcé à grandir. On pourrait même dire qu’il doit traverser sa propre odyssée.

Quant aux personnages féminins, la plupart n’ont pas tellement le bon rôle dans cette histoire. D’un côté, ils sont manipulateurs et machiavéliques (Circé — qui aidera tout de même Ulysse à entreprendre la suite de sa quête —, les sirènes, Calypso). De l’autre, ils sont passifs, bien que quelque peu entreprenants (Pénélope, qui pleure sans cesse la disparition de son époux, tout en dupant ses prétendants avec le linceul de Laërte — le père d’Ulysse —, qu’elle fait et défait pour retarder ses noces). En fin de compte, seule Athéna est véritablement active dans l’histoire, même si elle reste souvent dans l’ombre du héros.

Pour conclure, vous l’aurez donc compris : Homère a vraiment su me passionner grâce à son récit imaginaire et intemporel. J’ai d’ailleurs eu un pincement au cœur après avoir lu les derniers vers du chant XXIV. En tout cas, j’ai très envie de me replonger dans son univers en découvrant notamment les autres traductions de son poème. En d’autres mots, L’Odyssée a été pour moi un énorme coup de cœur littéraire.

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