
Après Supergirl, je vous parle de l’autre film de cet été qui a fait polémique avant sa sortie : L’Odyssée de Christopher Nolan. Entre le choix de Lupita N’yongo pour incarner Hélène de Troie (et ses propos sur le traitement des femmes par Homère qui ont fait hurler les puristes), celui d’Elliot Page qui, même si son rôle est tertiaire dans le film, prête plus à sourire qu’autre chose (dans la Grèce antique, les soldats faisaient au moins 1 m 70-80) et le reste du casting très cosmopolite (normal, dans la Grèce antique), on aurait pu penser à un échec au Box-Office. Enfin, c’est un grand mot pour Christopher Nolan. Plutôt un succès en deçà de ses films précédents. Mais comme c’est Nolan, le film cartonne en devenant même son plus gros succès. Ce carton est-il d’ailleurs mérité ?
Note de l’auteur : comme je n’ai pas lu l’œuvre originale, mon avis portera surtout sur l’adaptation du réalisateur américain. Je précise aussi que je l’ai vu en version normale, et pas en version IMAX (vu qu’il a été tourné ainsi, ça apporte certainement quelque chose en plus à notre visionnage). Même si, selon moi, un film se doit d’être bon quel que soit le format dans lequel on le visionne.
Pour être honnête avec vous, j’ai eu du mal au départ, notamment à cause du wokisme pas subtil pour un sou. Je suis vraiment fatigué d’Hollywood qui veut se la jouer inclusif dans des œuvres qu’on connaît en long, en large et en travers. Après tout, pourquoi s’emmerder à faire du neuf quand on peut faire du vieux en sachant que le grand public répondra présent ? Et pour parler du wokisme dans L’Odyssée de Christopher Nolan, il est gros comme une maison (ou comme le cyclope dans la première partie du film). Entre Euryloque (Himesh Patel) qui fait la morale à Ulysse, pour bien nous montrer que l’homme blanc est patriarcal par rapport à l’homme racisé, et Pénélope (Anne Hathaway) qui assène une leçon féministe anti-homme à son fils Télémaque (Tom Holland) qui réclame le trône (à juste titre, vu que les prétendants de Pénélope le convoitent également), le blockbuster coche toutes les cases possibles et inimaginables du wokisme. Du coup, ça a quelque peu gâché mon visionnage. Mais j’ai réussi à rentrer malgré tout dans l’histoire.

Car en soi, l’histoire de L’Odyssée est plutôt passionnante. J’ai d’ailleurs aimé le fait que le film commence à la fin, avant qu’on remonte le temps pour retrouver Ulysse aux côtés de Calypso (Charlize Theron) qui semble avoir tout oublier de son passé. Elle va alors l’encourager à se rappeler sa vie d’avant, de son mariage d’amour avec Pénélope et de la naissance de leur fils à son périple après la guerre de Troie. Si au début, Ulysse nous apparait comme insupportable (notamment, car il est trop obstiné et qu’il veut prouver qu’il en a une grosse — au sens figuré, je vous rassure), on le découvre peu à peu en train de se repentir par rapport à ses erreurs passées. Entre le début et la fin du film, il n’est donc plus le même homme, ce qui le rend ainsi attachant. Et c’est bien le seul.
Même si le casting est bon dans l’ensemble (hormis Anne Hathaway, que je n’ai pas trouvé convaincante en Pénélope), on ne s’attache à aucun des héros, hormis peut-être Télémaque. Il faut dire qu’il y en a beaucoup et qu’ils défilent tous à vitesse grand V. Résultat : ils n’ont que très peu de développement. Cela dit, comme le récit tourne essentiellement autour d’Ulysse et qu’il se passe plein de choses dans L’Odyssée, il est difficile de tout approfondir. Sinon, autant faire une franchise de trois films (minimum) ou une série de plusieurs saisons. Car je pense qu’il y a de quoi raconter plein de choses avec cet univers.

Concernant le film en lui-même, hormis le combat final, il n’y a rien de vraiment marquant. Pourtant, Christopher Nolan ne lésine pas sur les moyens pour tenter d’impressionner le plus possible le public, mais moi, ça m’a laissé indifférent. Certes, il y a la bande originale de Ludwig Göransson qui m’a un peu sorti de ma torpeur. Certes, il y a beaucoup de péripéties. Certes, les décors et les costumes sont soignés. Mais selon moi, c’est un long-métrage sitôt vu, sitôt oublié. C’est un blockbuster hollywoodien comme un autre, qui ne fait pas l’effort de se différencier des autres superproductions. Si le film cartonne, c’est bien parce que c’est Christopher Nolan derrière la caméra. Si ça avait un jeune réalisateur novice, pas sûr que le succès aurait été aussi retentissant. Pour terminer, mentionnons les dialogues en version originale qui sont très mal écrits, ainsi que certains effets spéciaux vraiment laids (les créatures censées nous impressionner et effrayer font un gros plouf).
En conclusion, L’Odyssée de Christopher Nolan, avec ses nombreux défauts, se regarde bien malgré tout. En dépit de tout ce que je vous ai dit ci-dessus, j’ai passé un bon moment. Oui, il a fallu que je passe outre le wokisme démesuré pour apprécier cette œuvre telle quelle. Et oui, je sais qu’il s’agit d’une adaptation, que les personnages et l’univers de L’Odyssée n’ont jamais existé. Sauf que même si l’ensemble est fictif, autant rester en adéquation avec le contexte historique de l’époque où Homère a écrit son œuvre. Je dirais d’ailleurs la même chose s’il s’agissait d’une légende africaine, asiatique, arabe ou indienne. J’en ai juste marre de la pseudo-bien-pensance hollywoodienne qui choisit le deux poids deux mesures, quand il s’agit de raciser un personnage blanc (réel ou non), mais pas quand c’est l’inverse (sinon, attention à la polémique !). Maintenant, tant mieux si beaucoup de personnages ont apprécié le film. Pour ma part, L’Odyssée de Christopher Nolan ne marquera pas mon année cinématographique 2026.