
Après Donkey Kong Country Returns, on change totalement de rayon pour se pencher sur un album qui m’a véritablement conquis en 2026 : Confessions II de Madonna. Bon, si vous me lisez depuis le temps que mon blog existe, vous savez que j’adore l’interprète de Like a Virgin et d’Hollywood. Même quand elle a pu me décevoir, elle m’a toujours rappelé qu’elle restait LA reine de la pop. Et quand elle a annoncé une suite à son album culte Confessions on a Dance Floor, j’étais à la fois curieux, impatient et plein d’appréhension.
Pour être honnête avec vous, à sa sortie en 2005, j’ai vraiment eu du mal avec cet opus. Pour moi, c’était la douche froide. Surtout avec le single Hung Up que je ne trouvais pas inspiré à cause du sample d’ABBA (aujourd’hui, il est dans mon top 10 de ses titres). Il faut dire que j’adore la trinité Ray of Light/Music/American Life, qui est (quasi) parfaite en tous points de vue à mes yeux. Donc, à l’époque, j’ai placé la barre très haut concernant la Madone. Ceci étant dit, je reconnais aujourd’hui que Confessions on a Dance Floor est une excellente galette musicale produite avec talent et finesse par le DJ Stuart Price. C’est un disque pop/dance efficace à l’hommage au disco parfaitement assumé. Paradoxalement, même si elle faisait illusion, elle entamait déjà la course au jeunisme qui nous l’a fait perdre en cours de route. La suite, pas toujours glorieuse, on la connaît. Et un opus titré Confessions II ne voudrait pas forcément dire qu’il serait à la hauteur de son prédécesseur.
Or, lorsque les premiers extraits sont sortis, j’ai été emballé. Que ce soit dans I Feel So Free, Love Sensation ou Bring Your Love (en duo avec Sabrina Carpenter), j’ai de suite retrouvé l’empreinte du duo Madonna/Stuart Price, I Feel So Free étant d’ailleurs un clair écho à l’influence disco du premier Confessions (à Future Lovers, notamment). Là où les deux autres morceaux s’inspirent davantage du style house des années 90. J’attendais tout de même d’écouter l’album en entier avant de me prononcer définitivement sur la question suivante : Madonna est-elle vraiment enfin de retour ?
À ma première écoute de Confessions II, j’ai été vraiment dérouté. D’un côté, il sonne comme la suite directe de Confessions on a Dance Floor. De l’autre, il a la volonté de s’en détacher complètement. Surtout que quand on arrive vers la fin des 16 morceaux, on a quitté la piste de danse endiablée pour se réfugier au bar, puis dans la zone VIP en fin de soirée. Vous l’aurez compris : l’album se conclut sur des balades. Un gros détail auquel je ne m’attendais pas du tout et qui m’a ainsi laissé une impression mitigée quand les dernières notes de L.E.S. Girl ont résonné dans mes écouteurs. Mais bon, dans tous les cas, je comptais réécouter Confessions II pour mieux l’apprivoiser et décider si je le trouve meilleur ou au moins aussi bon que Confessions on a Dance Floor.

Eh bien, après plusieurs mois à me le repasser en boucle sur tous mes supports audios, je vous le dis franchement : je préfère Confessions II à Confessions on a Dance Floor. Là où le premier volet restait assez superficiel au niveau des thématiques abordées (bien que certaines pistes soient plus personnelles que d’autres), ici le nom de l’album est vraiment pris au premier degré. Et c’est une très bonne chose pour moi, car c’est ce que je préfère chez Madonna : quand elle se met à nu, même quand elle chante sur des up-tempos.
Je pense, par exemple, à Bizarre en duo avec le DJ Martin Garrix, qui aborde son ancienne relation toxique avec Sean Penn. Ou encore à Danceteria où elle parle du club du même nom qu’elle fréquentait dans les années 80 — le titre fait d’ailleurs l’unanimité chez les fans. Elle se confie également dans des mid-tempos du genre de Fragile (un bel hommage à son frère récemment décédé, avec qui elle était en froid). Ainsi que sur des titres beaucoup plus calmes tels que Betrayal (sur sa belle-mère, elle aussi décédée il y a peu) et L.E.S. Girl (sur un ancien amour de jeunesse). C’est comme si la Madone renouait avec celle des années pré-2005, celle qui se fichait de ce qu’on pensait elle, qui ne cherchait pas toujours forcément à plaire au grand public.
Ce qui me permet d’aborder la question des duos et des featurings, qui sont devenus légions dans les albums de la Madone depuis Hard Candy en 2008. J’espérais que Confessions II serait l’exception à la règle et au final, en plus de Bring Your Love, on se retrouve avec quatre featurings/duos sur 16 titres : Feid sur Read My Lips, Martin Garrix sur Bizarre, Stromae sur My Sins Are My Savior et Lola Leon sur The Test. Si les deux premiers, plus le duo avec Sabrina Carpenter, sont assurément opportunistes (l’objectif étant le nombre de streams), les deux derniers sont inattendus. Jamais je n’aurais pensé qu’un jour, Stromae se retrouverait sur une chanson de la reine de la pop (même si, en y repensant, la Madone a posé sa voix sur trois titres de Christine and the Queens). Quant à The Test, avec le recul, je trouve qu’il s’inscrit bien dans la tonalité générale voulue par Madonna pour ce disque.
Malgré tout, même si j’aime, voire adore, toutes les pistes citées précédemment, j’aimerais bien réentendre à l’avenir une galette 100 % interprétée par Madonna seule. Quitte à sortir ensuite une autre version de l’album composé à 100 % de featurings et de duos, si ça lui chante. D’ailleurs, à l’heure où j’écris ces lignes, la chanteuse a sorti un remix de Love Sensation avec Kylie Minogue et de Danceteria avec Charli XCX. Elle aurait pu faire de même avec les autres morceaux, car à mes yeux, la Madone s’est toujours suffi à elle-même.

Avant de conclure cet avis, je vous présente les titres de cette galette qui se démarquent le plus, selon moi :
- I Feel So Free : comme je vous le disais, cette chanson d’ouverture fait vraiment le lien entre le premier Confessions et celui-ci, notamment à travers sa mélodie qui rappelle fortement celle de Future Lovers ;
- L’enchaînement One Step Away/Bring Your Love/Danceteria/Read My Lips, qui constitue la meilleure partie de l’album, à mes yeux, notamment grâce au mixage continu entre les différentes pistes ;
- Bizarre, dont je vous parlais tout à l’heure, qui traite vraiment bien des relations amoureuses toxiques, du fait de ne pas pouvoir se détacher émotionnellement de quelqu’un qui nous fait beaucoup de mal ;
- School : on y a droit dans chaque opus, le morceau coquin que seule Madonna peut chanter. J’aime bien cette chanson, car elle se détache du reste de l’album à cause des paroles (qui utilise bien la métaphore de l’école pour parler de sexe) ;
- Fragile : un sublime mid-tempo émouvant, où Madonna pardonne à son frère disparu ;
- The Test : un beau duo mère/fille touchant, où chacune semble enfin avoir trouvé sa place dans la relation qui les unit (et la référence au début du morceau à Little Star de l’album Ray of Light fait plaisir).
Je rajoute également le morceau exclusif de l’édition Icon de l’album, Hot Sauce. Comme son nom l’indique, c’est une chanson muy caliente où Madonna oscille avec brio entre de l’anglais et de l’espagnol pour chauffer son amant. De plus, on y retrouve le célèbre sample d’ABBA déjà présent dans Hung Up. Encore une jolie manière de faire le pont avec Confessions on a Dance Floor.
Pour conclure, je pense que le succès actuel de Confessions II est bel et bien mérité. Madonna remet enfin tout le monde d’accord, après des années d’errance musicale entre tantôt des concepts bien inspirés (Hard Candy et Madame X), tantôt le choix discutable de suivre la tendance au lieu de la lancer (MDNA). À voir au fil du temps, mais Confessions II devrait faire partie de mes opus favoris de la Madone sur le long terme.
Si vous souhaitez découvrir les confessions de Madonna dans leur ensemble, je vous propose cette playliste Spotify qui réunit les deux ères. Bonne écoute !