
Bonjour à toutes et à tous. J’espère que vous allez bien et que vous avez fait une bonne rentrée. Aujourd’hui, je vous parle de ce qui est, au jour d’aujourd’hui, ma lecture favorite de l’année 2026 : La Guerre des Idées de la journaliste et écrivaine Eugénie Bastié. L’autrice a ainsi enquêté durant trois ans au cœur de l’intelligentsia française en allant à la rencontre d’intellectuels de tous bords politiques. Ce qui a donc donné cet essai qui, selon moi, résume à merveille l’état actuel de la fracture politique française, qui ne date pourtant pas d’hier.
À travers son enquête, Eugénie Bastié retrace l’histoire et l’évolution du clivage politique intellectuel, de 1894 (avec l’affaire Dreyfus) à 2021 (année de parution du livre). Le constat est surprenant, je dois l’avouer, puisque les intellectuels de Gauche et de Droite se sont toujours fermement opposés, empêchant de ce fait tout débat constructif. Il y a eu pourtant une courte période de « répit » en 80 et 90, durant laquelle tous acceptaient d’échanger dans le respect de l’opinion d’autrui. Personnellement, j’ai toujours cru que les langues se délient beaucoup plus depuis la période post-Covid (et pas dans le bon sens du terme, si vous voulez mon avis). Sauf qu’il en a toujours été ainsi depuis plus d’un siècle. La différence étant qu’avant, il n’y avait ni Internet ni les réseaux sociaux pour se rendre compte de la violence verbale découlant de chaque débat, quel qu’il soit.
Comme je l’ai dit plus haut, l’autrice est allée à la rencontre d’intellectuels de tous les bords politiques. C’est ce qui m’a beaucoup plu, car ça permet de mieux comprendre la manière de penser de chacun. Eugénie Bastié analyse ainsi tous les sujets dont s’emparent la Gauche et la Droite, sous un prisme différent : progressiste pour la première, traditionaliste pour la seconde. Que ce soit l’islam, le roman national, le féminisme ou l’immigration. La journaliste note également que si la Gauche se focalise désormais sur les minorités (musulmans, LGBTQIA+…), la droite, elle, se concentre sur la France périphérique. Une conclusion que j’ai moi-même faite au fil des années. De même que, toujours selon l’autrice, la Gauche domine les milieux universitaires et culturels, tandis que la droite a l’hégémonie sur les médias de masse. Paradoxalement, cette dernière fustige ces mêmes médias d’être sous influence gauchiste (et vice-versa pour le camp adverse). La polarisation politique, qui était déjà forte auparavant, l’est désormais plus que jamais.
Enfin, Eugénie Bastié tire le constat de l’extrême gauche qui se referme de plus en plus sur elle-même, en fustigeant tous ceux qui ne pensent pas comme elle (Bastié et ceux de son camp politique, donc). Même si je pense que, du côté de l’extrême droite, il y a tout autant d’esprits fermés (l’Homme s’est toujours montré buté sur les sujets qui le concernaient de près ou de loin). Une extrême gauche qui, selon ses ennemis, nie une réalité qui est pourtant criante. Par exemple, l’insécurité ne serait qu’un fantasme d’extrême droite (alors que l’actualité nous prouve le contraire au quotidien). Une extrême gauche qui, enfin, met tous les malheurs de la société occidentale sur le dos de l’homme patriarcal blanc, hétérosexuel et cisgenre. Mais qui fait preuve d’incohérence (ou la sourde oreille) quand il s’agit de défendre l’islamisme radical, idéologie politique à l’essence patriarcale.
Pour résumer, je vous conseille de lire La Guerre des Idées. Les conclusions que tire Eugénie Bastié sur l’intelligentsia française actuelle sont effectivement édifiantes. Et depuis sa parution dans les librairies, l’absence de dialogue entre la Gauche et la Droite s’est encore plus intensifiée (notamment grâce au conflit israélo-palestinien). À la limite, le seul reproche je ferais à l’autrice est son parti pris pour les intellectuels conservateurs. Mais si on sait où elle se situe sur l’échiquier politique, on sait à quoi s’attendre. Me concernant, je savais que je serais en accord avec les propos énoncés dans ce livre. Ce qui est également sûr, c’est que ses prises de position ne plairont pas à tout le monde.