[CINÉMA] I Know Who Killed Me

Bonjour tout le monde ! Après Crossroads et Glitter, je vous parle d’un autre film qui a été conspué par la critique à sa sortie : I Know Who Killed Me. Réalisé par Chris Sivertson, ce thriller mettant en scène Lindsay Lohan ne méritait pas autant de haine de la part de la presse et des spectateurs. Personnellement, je pense qu’I Know Who Killed Me a été descendu en partie pour la présence de Lindsay Lohan au casting. Le scénario alambiqué en a aussi rebuté pas mal. Selon moi, le long-métrage de Chris Sivertson est clairement une œuvre incomprise qui relève du génie (oui, oui !). Explications.

Note de l’auteur : je vais beaucoup spoiler le film. Donc, si vous ne l’avez pas vu, je vous conseille de ne pas lire la suite de cet article.

Un long-métrage au sens caché

Bon, on va le dire d’emblée : les vingt premières ne donnent vraiment pas envie de regarder la suite de I Know Who Killed Me. C’est digne d’une série Z dont le budget est inexistant. En fait, il faut attendre le premier retournement de situation du film — Aubrey qui prétend s’appeler Dakota — pour se plonger intégralement dans cette histoire plutôt barrée. Et si on la prend au premier degré — Dakota est la jumelle cachée d’Aubrey —, on risque effectivement de trouver l’ensemble très saugrenu. Personnellement, il m’a fallu revoir I Know Who Killed Me une deuxième fois — je l’avais déjà vu une première en 2007 ou 2008 — pour vraiment comprendre l’histoire. Et bon Dieu, quelle histoire de dingue !

Car oui, à partir du moment où Aubrey disparaît et se fait séquestrer par son bourreau, le reste du film ne se déroule que dans sa tête. On a même une preuve à un moment donné — quand les flics découvrent la nouvelle d’Aubrey, Dakota. Et puis, le réalisateur nous affuble de nombreux indices visuels, si bien qu’au bout du deuxième visionnage, il est difficile de passer à côté de ces derniers. Par ailleurs, le bleu et le rouge tiennent une place importante au sein de I Know Who Killed Me. Ainsi, d’un côté, le bleu personnifie l’innocence d’Aubrey et de l’autre, le rouge définit la personnalité libérée de Dakota. Et lorsque dans l’acte final du film, Dakota porte du rouge et du bleu, le fait qu’elle n’existe pas tombe complètement sous le sens.

Une réalisation volontairement kitch

La réalisation kitch de Chris Sivertson participe également à cette théorie. À de nombreuses reprises, on voit Dakota raconter ce qu’il lui est arrivé et avoir des visions au sujet d’Aubrey. Certes, on peut se moquer des effets spéciaux au rabais du film. Mais si on a compris ce dont j’ai parlé dans le paragraphe précédent, il faut prendre ces effets kitchs comme la mise en scène de l’imagination d’Aubrey. Par conséquent, son anti-héroïne devient celle qu’Aubrey a toujours voulu être : plus sûre d’elle, assumant son corps et ses formes, ainsi que sa sexualité débridée. Clichée en apparence — le fait qu’elle ait une mère toxicomane et qu’elle-même se came —, Dakota révèle pourtant toute la complexité enfouie du personnage bien sage d’Aubrey. Une autre preuve que I Know Who Killed Me ne mérite pas sa réputation d’un des « pires films de tous les temps ».

Lindsay Lohan : une actrice au talent sous-estimé

La force du long-métrage de Chris Sivertson réside, en outre, dans le fait qu’il illustre parfaitement ce qu’était Lindsay Lohan durant les années 2000. On a donc Aubrey, aka la Lindsay innocente de l’époque Disney, l’actrice des comédies pour ados Lolita Malgré Moi, Freaky Friday et Journal intime d’une Future Star. En face, on a Dakota, aka la Lindsay qui se dévergonde, qui boit et qui se drogue, qui enchaîne les scandales. À l’époque, j’avoue que ça m’avait fait rire en regardant le film. Aujourd’hui, je vois plus I Know Who Killed Me comme une sorte d’hommage à la star avant et après sa déchéance.

En parlant de Lindsay Lohan en tant que premier rôle dans I Know Who Killed Me, je trouve qu’elle s’en sort bien. Elle incarne bien les deux personnalités diamétralement opposées de son personnage, même si j’ai trouvé plus intéressant Dakota qu’Aubrey. Honnêtement, je ne trouve pas qu’elle méritait le prix de la pire actrice aux Razzie Awards. Cependant, selon moi, certains acteurs du film jouent très mal (par exemple, le professeur de piano). Bref, pour en revenir à Lindsay, je suis persuadé qu’une autre actrice n’aurait pas eu droit à un retour de flammes de la part des journalistes et du public.

Quelques défauts à noter

Pour terminer, je souhaite revenir sur le montage du film. Je l’ai trouvé très brouillon et un peu désagréable avec les nombreux fondus au noir (surtout au début). À ce niveau-là, le long-métrage de Chris Sivertson est plus agréable à regarder quand Dakota fait son apparition. J’ai également trouvé les effets gores inutiles, qui rajoutaient de la surenchère pour rien à mes yeux.

Conclusion : un film incompris et injustement bashé

En conclusion, je le redis et le répète : I Know Who Killed Me est un film incompris et injustement bashé. Je pense sincèrement qu’il mérite d’être reconsidéré et jugé à sa juste valeur. Certes, le tournage et la promotion de ce long-métrage ont été très chaotiques, notamment à cause des nombreux soucis de Lindsay Lohan à l’époque. J’admets donc qu’il n’a pas du tout aidé par le contexte de son époque.

Par ailleurs, j’ai lu que le film de Chris Sivertson avait acquis un statut de film culte aux États-Unis et qu’il existait même une version longue de 3 h 30 ! Personnellement, si cette director’s cut voit le jour, je la verrai sur le champ !

Et vous, avez-vous regardé le film tant controversé mettant en scène Lindsay Lohan ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à me donner votre avis en me laissant un commentaire !

***

En bonus : voici ma première critique de I Know Who Killed Me, que j’avais posté sur Allociné. Bien sûr, c’était misogyne de ma part de la traiter de « traînée ». De plus, je note moi-même que mon ressenti a bien changé par rapport à ce film. Sur ce, bonne lecture !

C’était vraiment pas mal, même si le film rappelle parfois l’époque des années 70, où tout pouvait être parfois kitch au possible. La bande sonore laisse vraiment parfois à désirer, les fuck trop présents à mon goût (ce n’est pas que je suis coincé hein !) et certaines scènes atteignent le summum du ridicule (cf. la scène où Dakota en finit avec le tueur). Et puis comme toujours, Lindsay Lohan aime bien jouer les trainées. Cela dit, je pense que le coup de la stigmatisation est bien trouvé. On fait donc comme avec The Grudge 2 : le côté mystique bien exploité et le côté cinématographique ringard et trop classique pour qu’on y prête attention. Au début, on est un trop perdu, on se demande : « Pourquoi toutes ces scènes de cauchemar ? ». Après, on comprend et tout se tient ! Mais je viens d’aller sur les forums d’Allociné, afin de vérifier si j’avais fait bonne route et je tombe sur une autre théorie ! Celle-ci affirme que Dakota n’est que le fruit de la création de la jeune Aubrey, lorsque cette dernière est enlevée, d’où les scènes d’épouvante qui hantent Dakota. C’est pas mal, mais est-ce vraiment la conclusion qu’il faut en tirer du film ? Peut-être bien, peut-être pas… Moi qui m’attendais à une grosse daube (vu que I Know Who Killed Me a remporté huit Razzie Awards…), mon intuition m’a encore une fois trompé ! Un film à voir donc, sans pour autant s’attendre à un chef-d’œuvre (le prendre au second degré si vous préférez, du moins au début).

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