
Bonjour à toutes et à tous ! J’espère que vous allez bien en dépit de cet hiver glacial. J’en profite d’ailleurs pour vous souhaiter une bonne année. Et pour bien commencer 2026, quoi de mieux que de vous parler de La Femme de ménage, adaptation cinématographique signée Paul Feig (L’ombre d’Emily et sa suite, Meilleures Amies) du roman du même nom ?
Note de l’auteur : vous pouvez lire mon avis sur la saga de Freida McFadden ici.
Il faut savoir que j’ai adoré le livre. Même si au début de ma lecture, je me demandais pourquoi ce roman avait autant de succès. Il faut dire aussi que je trouvais l’héroïne, Millie, vraiment agaçante, et que le récit me semblait prévisible au premier abord. Mais je dois également avouer que je n’avais pas du tout vu venir le fameux twist au sujet des personnages de Nina et d’Andrew. Ce retournement de situation, ainsi que le dernier acte (qui m’a beaucoup plus fait apprécier Millie), a rendu ma lecture bien plus prenante. J’étais donc pressé de voir le film de Paul Feig, notamment car il avait bien su adapter Disparue de Darcey Bell (L’ombre d’Emily, donc), en y insufflant sa touche artistique. Cependant, même si dans The Housemaid, on sent sa patte par moment (notamment à travers l’aspect luxueux de cette histoire), on sent également la grosse machine hollywoodienne derrière et les nombreuses « coupes » dans le scénario pour en faire une œuvre qui plait au grand public.
Ne vous méprenez pas : j’ai bien aimé cette adaptation dans l’ensemble, qui est fidèle au bouquin, malgré le troisième acte qui diffère sur de nombreux points (ce qui m’a justement beaucoup plu). Comme j’ai lu le livre récemment, je n’ai pas pu m’empêcher de noter les détails qui manquaient dans son adaptation cinématographique. Bon, vous allez me dire qu’un film ne peut pas adapter un bouquin de A à Z (sinon, il durerait quatre, voire cinq heures). Mais en regardant La Femme de ménage, et en connaissant tous les rebondissements d’avance, l’absence de ces détails ne m’a pas dérangé dans le sens où tout était clair pour moi. En revanche, pour quelqu’un qui n’a pas lu le roman, ça ne le sera pas forcément (je pense notamment au fameux twist mentionné précédemment).

Outre cette impression de scénario « haché », le long-métrage de Paul Feig manque parfois cruellement de subtilité, notamment dans les scènes « érotiques » (on se comprend). Non seulement elles tombent comme un cheveu dans la soupe, mais elles sont amenées de manière grossière (cf. le fantasme de Millie au début du film qui m’a fait rire tellement il est ridicule). Et avec des clipshows qui pourraient passer facilement sur MTV (ça m’a rappelé Fifty Shades Darker, qui usait de la même formule jusqu’à l’overdose). Pour le coup, j’ai eu l’impression de regarder un film pour ados, et pas dans le bon sens du terme. Bon, allez, j’avoue avoir adoré le défoulement de joie d’Amanda Seyfried sur Since U Been Gone de Kelly Clarkson, ainsi que I Did Something Bad de Taylor Swift en guise de générique de fin et la chanson qui ouvre le film (Take Me As I Am de Lyn Lapid). En revanche, la bande son composée par Theodore Shapiro, qui est accompagné de la douce voix enchanteresse de Caroline Shaw, m’a directement mis dans cette ambiance teintée de glamour, de mystère, de sensualité et de frissons. Il avait d’ailleurs déjà fait un excellent travail dans L’ombre d’Emily et je suis ravi que Paul Feig ait de nouveau fait appel à ce compositeur talentueux pour son nouveau film.
Au sujet du casting, Sydney Sweeney et (surtout) Amanda Seyfried tirent leur épingle du jeu. La première a vraiment su retranscrire la personnalité ambiguë de Millie à l’écran, c’est-à-dire discrète et vengeresse à la fois. La seconde, elle, détonne dans le rôle dans cette épouse hystérique en apparence, mais brisée dans le fond. Par ailleurs, à ma lecture du bouquin, j’imaginais mal Amanda Seyfried dans le rôle de Nina. Du moins, dans la première partie. Cependant, son jeu d’actrice m’a clairement donné tort. Je passerai sur Michele Morrone, qui est quasi absent ici. Certes, il avait un rôle secondaire dans le livre, mais sa présence ne se résumait pas à deux-trois répliques — je me demande comment ils l’introduiront dans le deuxième film à venir. Enfin, Brandon Sklenar a beau avoir la gueule de l’emploi et faire tout ce qu’il peut, selon moi il n’a pas le charisme suffisant pour ce type de rôle complexe. J’avais été déjà moyennement convaincu par sa performance dans Jamais Plus et mon ressenti se confirme ici. Je veux bien lui redonner une autre chance, mais c’est mal parti. J’aurais plus vu un acteur comme Penn Bagdley, par exemple.
(Mention rapide à Elizabeth Perkins, qui incarne la mère glaçante d’Andrew. Bien qu’elle ait peu de temps à l’écran, elle en impose. Son personnage et celui de Brandon Sklenar auraient clairement mérité un spin-off à eux seuls, tant il y a à dire sur eux.)

Enfin, certains changements scénaristiques apportés à l’histoire m’ont convaincu. Déjà, j’ai apprécié l’idée qu’on découvre le point de vue de Millie et celui de Nina à travers leurs écrits (la première dans son journal, la seconde dans une lettre à sa fille). Ça permet de bien transposer et de faire la transition entre les différentes parties du bouquin à l’écran. Ensuite, le troisième acte contient beaucoup plus de rebondissements et de violence, ce qui n’est pas pour me déplaire — j’avais tellement hâte de voir la mise en scène de Paul Feig et je n’ai absolument pas été déçu à ce niveau-là (dans la version papier, l’autrice était restée assez sage). Enfin, la sororité est vraiment mise à l’honneur dans le film, et tant mieux. C’était déjà le cas dans le roman, mais à l’heure de #METOO, ça tombe à pic. Pourtant, même s’il m’arrive d’être très critique vis-à-vis du traitement du féminisme au cinéma, là c’est très bien amené et justifié par rapport à l’intrigue.
Pour conclure, La Femme de ménage est à l’image du bouquin dont il est tiré. Autrement dit, il plaira surtout aux fans de l’œuvre de Freida McFadden. Les autres pourraient bien s’ennuyer durant la séance, par contre.