
C’était la sortie du mois d’avril (avec Le Diable s’habille en Prada 2). Je parle évidemment du biopic Michael, dont le sujet principal est le roi de la pop en personne. Un artiste qui est, encore aujourd’hui, aussi adulé que détesté. Une figure qui est aussi incontournable pour son génie musical que controversée pour les accusations de pédophilie dont il a fait l’objet. De quoi proposer un film événement au cinéma, du moins un premier volet — une suite est déjà prévue. Un long-métrage qui cartonne au Box-Office, mais qui se fait assassiner par les critiques. Tout ce tapage médiatique est-il donc justifié ?
Pour ma part, j’y suis allé en ne m’attendant pas à grand-chose. J’avais effectivement entendu les mauvais retours de la presse, même si, pour citer un exemple similaire, Bohemian Rhapsody a été un échec critique et un succès public. Je suis donc parti du principe qu’au pire, je passerais un bon moment. Et ça a été le cas. Sauf que ce biopic sur Michael Jackson est très lisse dans la forme et dans le fond. Ce qui est dommage, car cet artiste était vraiment un personnage complexe sur lequel il y a tant à dire.
Ce premier chapitre raconte les débuts des Jackson 5/The Jacksons et l’essor de Michael à partir de l’album Off The Wall jusqu’à sa première tournée solo, le Bad Tour. Même s’il ne couvre qu’une partie de sa vie et de sa carrière, je trouve qu’on reste en surface de bien de choses. Certes, le film met bien en avant la relation conflictuelle que le chanteur de Dirty Diana entretenait avec son père tyrannique, qui l’a empêché d’avoir une enfance normale (ce qui explique en grande partie, selon moi, les liens très étroits — pour le dire comme ça — qu’il entretenait avec les enfants, de même que son insécurité intérieure). Il met également en scène un Michael sans fioriture, qui milite pour la cause animale et infantile, secourt des animaux maltraités, et se montre avenant envers ses fans. Oui, tout ça est vrai, mais personnellement, j’aurais aussi voulu voir ses mauvais côtés (personne n’est parfait après tout, y compris Michael Jackson). Hélas, on reste dans un schéma manichéen « gentil versus méchant » afin de plaire au grand public.

Ce qui influe indirectement sur le jeu des acteurs. Même si l’ensemble du casting est très bien, il manque un supplément d’âme pour qu’on y croie vraiment. Pourtant, dans le rôle-titre, Jafaar Jackson (fils de Jermaine Jackson et neveu de Michael) donne vraiment tout. On sent qu’il s’est préparé à fond pour incarner à l’écran son oncle disparu, de la voix parlée — quand il « chante », c’est Michael lui-même qu’on entend — aux chorégraphies en passant par le physique. Colman Domingo, déjà vu dans La Couleur Pourpre (où il excellait en mari violent), trouve à la hauteur de son talent un rôle dans celui de Joseph Jackson (aka le père tyrannique). Et Juliano Krue Valdi est mignon et touchant dans la version enfant de MJ. Mais voilà, malgré le talent de chacun, ça reste très convenu et aseptisé.
Le scénario est également classique et linéaire, puisqu’il ressemble à n’importe quel biopic ou divertissement musical sur grand écran : l’ascension fulgurante d’une star de la chanson parsemée d’obstacles (ici, l’incident lors du tournage de la pub pour Pepsi). Et bien que le film fasse des clins d’œil subtils à la vie et la carrière de Michael — c’est appréciable si on connaît un tant soit peu son histoire —, il manque beaucoup d’éléments. D’ailleurs, Janet Jackson et deux autres de ses sœurs n’apparaissent même pas dans le film (la première a refusé, j’imagine que les deux autres aussi). La mise en scène est soignée et fidèle aux clips et aux performances live de l’époque, mais encore une fois, ça manque de personnalité.
Je ne retiendrai donc pas grand-chose de la part de Michael d’Antoine Fuqua, hormis le fait que le roi de la pop était et restera toujours un immense génie musical. Je me suis d’ailleurs remis à écouter son répertoire, ce qui est le principal point positif de ce long-métrage. J’irai voir la seconde partie par curiosité comme pour la première, notamment pour voir comment sera traité l’épisode juridique controversé de la carrière de l’artiste. Mais je pense qu’il sera raconté en sa faveur.