
Après un deuxième volet qui m’avait très agréablement surpris, je suis allé avoir Avatar — De Feu et de Cendres (Fire and Ash en version originale) avec beaucoup d’entrain. J’espérais ainsi retrouver avec plaisir la planète Pandora et ses habitants, notamment la famille de Jake Sully et Neytiri (même si Jake m’a encore un peu agacé ici — il finit par changer d’attitude, cependant). Et si j’ai trouvé ce troisième chapitre divertissant dans l’ensemble, certaines choses m’ont tout de même titillé durant ma séance, tandis que d’autres m’ont séduit.
Je commence avec l’argument marketing qui m’a fait aller voir Fire and Ash : la 3D. Eh bien, ici je l’ai trouvée anecdotique. Je pense même que le film aurait très bien pu s’en passer. Il me semble d’ailleurs semble que le nombre de plans d’ensemble est moindre par rapport au précédent, James Cameron privilégiant les plans rapprochés et les plans du point de vue interne de ses personnages (ce qui rend l’écriture de ces derniers plus pertinente). Le souci, c’est que la saga repose sur cette technologie, les films en eux-mêmes étant assez anecdotiques. Ceci étant dit, malgré les redites scénaristiques, il y a des éléments qui m’ont plu. À commencer par l’écriture des personnages, justement.
C’est l’une des choses que j’avais reprochées à La Voie de l’Eau : les personnages peu étoffés. Je n’en attendais donc pas grand-chose à ce niveau-là. Eh bien, cette fois, je trouve qu’ils sont plus travaillés et qu’on voit vraiment leur évolution tout au long de l’histoire. De même qu’ils ont tous une bonne dynamique entre eux. Entre un père et un fils qui doivent apprendre à enfin se comprendre, une mère qui a perdu de sa puissance guerrière en même temps que son fils, et une jeune fille unique en son genre qui cherche à comprendre son pouvoir, De Feu et de Cendres se révèle intéressant au niveau psychologique. De plus, le fait qu’ils n’évoluent plus forcément en un seul groupe, sinon en sous-groupes, permet de s’attacher à chacun d’entre eux. Ajoutez à ça une belle morale sur l’entraide familiale et amicale, qui rajoute encore plus de profondeur au long-métrage de James Cameron.

L’autre bonne surprise d’Avatar 3 ce sont ses protagonistes et son antagoniste féminines. D’un côté, on a notamment Kiri qui cherche à contrôler son don et Neytiri qui défend les siens coûte que coûte. Toutes deux, comme leurs comparses, doivent se battre pour atteindre respectivement leur objectif. De l’autre, on a Varang, la cheffe du clan Mangkwan, qui contrôle l’élément du feu. Je la trouve tellement géniale dans sa folie meurtrière. Et puis, son look contribue grandement à son charisme à l’écran. C’est juste dommage qu’elle finisse par être une « femme de », car ce personnage n’avait clairement pas besoin d’être rabaissé à ça. Mais il faut dire aussi que malgré la durée de 3 h 15 du film, elle n’ait pas assez de temps de présence à l’écran. Et surtout, sa relation avec Quaritch, qui la manipule, est mal montrée. Bref, à voir ce que James Cameron décide de faire d’elle dans le quatrième et le cinquième volet.
Et puis, on a Jake Sully, l’éternel patriarche qui va mettre un film et trois quarts pour enfin voir en son fils un allié. Il y a même un dialogue au début entre eux deux, qui m’a fait bondir de mon siège :
- « Je veux venir avec toi ! »
- « Dans tes rêves… »
- « Je suis capable de tenir une arme ! »
- « C’est ça, ouais… »
Sérieusement, quel père parle à son fils comme ça ? Et quel père privilégie la dictature à la démocratie (« On est une famille, pas une démocratie ! ») ? Au passage, oui, les dialogues sont extrêmement mal écrits. Pour répondre à ces questions, un patriarche — pour sa défense, chez les animaux sous-marins, on privilégie le matriarcat (James Cameron ne fait pas de jaloux, comme ça). Heureusement, ce personnage (agaçant, voire détestable par moment, disons-le clairement) évolue au fil du récit. Il y a d’ailleurs une scène très puissante avec Spider, vers la fin du long-métrage. Sa dynamique avec Quaritch est également bien trouvée, dans le sens où on voit vraiment qu’ils ont plus en commun qu’à première vue. On avance donc dans la bonne direction concernant le héros principal, lentement mais sûrement.

Pour le reste, comme je le disais, le scénario est semblable à celui des deux premiers, même si on sent une certaine continuité. Le colonel Miles Quaritch est encore le grand méchant de l’histoire et, malgré le sort qui lui est réservé à la fin du film, gageons qu’il reviendra dans le prochain. La planète Pandora est toujours aussi belle et aussi riche d’un point de vue visuel. Néanmoins, j’ai l’impression qu’on commence à en avoir fait le tout, comme si le film ne nous racontait pas plus qu’il ne le pourrait (parce qu’il y a clairement de quoi faire). Quant au dernier acte, je trouve qu’il tire vraiment en longueur. À peine les héros s’en sortent que quelque chose d’autre leur tombe dessus ! Franchement, on a l’impression que ça n’en finit jamais ! Enfin, le message écologique et géopolitique n’apporte rien de nouveau, puisque c’était déjà le même dans les films précédents. Et puis, il n’est pas assez développé en profondeur pour avoir un véritable impact sur le récit (vu que ce sont les gentils contre les méchants, et basta).
En conclusion, si je ne jette pas tout dans ce troisième chapitre, Avatar — Fire and Ash fait un peu tourner la saga en rond. Il est donc grand temps pour James Cameron de se renouveler, à moins de vouloir perdre encore plus des spectateurs entre le 3 et le 4 (comme c’est actuellement entre le 2 et le 3). Avec un scénario plus ébauché et un lore encore plus étendu, si possible. Rendez-vous fin 2029 pour voir ce qu’il en est.