[CINÉMA] Ad Astra

James Gray qui se la joue à la fois Terrence Malick, Denis Villeneuve et Christopher Nolan, ça aurait pu être bien. Finalement, ce n’est que de la branlette intellectuelle sur grand écran, que son auteur étire inutilement sur deux heures. Avec un héros solitaire qui ne veut plus être solitaire, et des petits rôles insignifiants qui gravitent autour de lui. Le tout couvert par une esthétique visuelle et sonore impeccable.

Pour moi, c’est ça qui sauve principalement Ad Astra de James Gray. Ça et la performance de Brad Pitt (malgré la faiblesse d’écriture de son personnage). Franchement, le film est super beau à regarder. Les plans dans l’espace sont magnifiques et la musique de Max Richter vient participer à cette magnificence visuelle. Celle-ci permet également de s’immerger en tant que spectateur dans l’esprit du héros.

C’est l’autre aspect du film que j’ai bien aimé. L’introspection du personnage principal est bien rendue. On se sent même un peu proche de lui. Mais ça ne le rend pas attachant pour autant. Personnellement, j’aurais aimé savoir pourquoi il était si froid et distant avec les autres. Même si on laisse sous-entendre que c’est à cause de son père, ce n’est clairement pas montré. Brad Pitt a beau se donner corps et âme dans ce rôle, ce n’est pas suffisant pour moi.

Ce qui m’amène à ce qui m’a le plus déplu ici : le vide du scénario et le manque de psychologie des autres personnages. Pour ces derniers, soyons honnêtes : ce ne sont que des seconds rôles insignifiants qui servent juste à mettre Brad Pitt sur le devant de la scène. Par conséquent, les rôles en question ne sont pas travaillés. Et, bien qu’ils apportent quelque chose à l’histoire, ce n’est perceptible à aucun moment. L’histoire est tout aussi présente, mais le scénario ne la met jamais en valeur. Par exemple, James Gray a beau aborder les thématiques qui lui sont chères (la relation père-fils, l’obsession de l’Homme pour quelque chose qui l’éloigne des autres), mais il les explicite mal. Encore une fois, son film manque de profondeur et se contente d’une branlette intellectuelle à deux étages, qui aurait pu largement être développé en une heure et demie.

Tout ça pour dire qu’Ad Astra de James Gray ne tient jamais vraiment ses promesses auprès du public. Et qu’on ne vienne pas me dire que ce genre de cinéma est inaccessible ! Au rayon de la science-fiction qui pousse loin la réflexion, High Life est beaucoup mieux.

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