[ALBUM] Nelly Furtado, Mi Plan

Artiste talentueuse méconnue un jour, chanteuse commerciale adulée toujours. Une définition de Nelly Furtado malheureusement véridique. En effet, après avoir enchanté deux millions de personnes avec un Folklore délicieux et inspiré, après avoir arnaqué fait danser la planète entière avec des tubes à n’en plus finir (si bien qu’on en frôlait l’overdose), la chanteuse fait son grand retour. Et on l’attendait au tournant, espérant un retour aux sources, avec tout de même du renouveau. Mais hélas, le marketing s’étant emparé de cette jeune femme au visage d’ange, on est tombé de haut à l’écoute de Mi Plan.

Déjà, lorsqu’on entend Manos al Aire à la radio, on n’est pas autant emballé qu’à l’époque glorieuse de Maneater et autre Promiscuous. Certes, les trois chansons ont tout pour cartonner, mais il faut dire que Manos al Aire est d’une banalité affligeante. Comme le reste de l’album en fait, à une ou deux exceptions près (mais ça, je vous en parle tout à l’heure). Cependant, elle est à mettre dans la liste des titres qui, à force d’être écoutés inlassablement jusqu’à en être (justement) lassé, sont appréciables avec le temps.

C’est moins le cas avec ce Mi Plan peu inspiré et même copié/collé de Loose, son prédécesseur. Loose, c’était bien, c’était fun, on se prend d’ailleurs encore à danser sur Do It, Say It Right, Let My Hair Down et j’en passe (après évidemment avoir digéré cette overdose abusive dont on a été victimes). Mais il aurait fallu dire à cette chère Nelly que c’est désormais fini et qu’il faut passer à autre chose. En bonne nostalgique qu’elle est, la chanteuse ne l’a pas entendu de cette oreille et a ainsi décidé de nous livrer un opus espagnol commercial et basique. Au lieu de tenter de retrouver ce qui faisait d’elle une artiste accomplie, à l’inspiration sans limites. L’exemple le plus flagrant ? Suficiente Tiempo, sorte de titre R’N’B aux accents d’outre-Atlantique, mélange (volontaire ? Incongru ?) de Let My Hair Down et de Do It. Non pas que la chanson soit mauvaise, elle fait partie au contraire des titres les plus écoutables de l’album. 

En termes de plagiat, on pense également à Fuerte, nouvelle version honteuse de Say It Right, le fameux rythme timbalien en moins. Ou encore à la chanson cachée, dont on ne sait pas le nom d’ailleurs, qui rappelle (une fois n’est pas coutume apparemment pour Nelly) Let My Hair Down, en deux fois plus rapide. Et puis cet accent… C’est moche, horripilant, si bien qu’on est même à détester cette voix de canard criarde. La preuve dans les fades Más, Mi Plan, Sueños, Vacación et Feliz Cumpleaños.

Cependant, il y a du bon. On n’atteint pas, certes, l’excellence d’un Island of Wonders ou encore d’un Try (on en est très loin même), mais ce n’est pas non plus mauvais. Dans ce rayon, on trouve du Bajo Otra Luz (à cause des chœurs dans le refrain), du Suficiente Tiempo (malgré son plagiat évident), du Silencio et surtout, surtout… (!!!) du Como Lluvia, qui est sans aucun doute le titre le plus réussi (et le plus planant aussi) du disque. Ce qui empêche ainsi Mi Plan d’être responsable du pire come-back de cette année 2009.

Pour faire plus simple : si vous voulez de la pop espagnole commerciale faite par une chanteuse américaine en vogue, achetez celui de Christina Aguilera, Mi Reflejo. Ce sera déjà beaucoup mieux. Sur ce, je m’en vais réécouter Folklore.

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