[CINÉMA] Printemps du Cinéma 2019

Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, je ne vous parle pas d’un, mais de quatre films ! En effet, c’était le Printemps du Cinéma récemment, soit l’occasion pour moi de rattraper mon retard au niveau des sorties sur grand écran ! Au programme, je vous parle des longs-métrages suivants : Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ?, Ma vie avec John F. Donovan, Rebelles et Captain Marvel.

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Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ?

D’accord, cette suite ne vaut pas son prédécesseur, même si elle en reprend tous les codes. Il y a là une volonté de la part de Philippe de Chauveron de rappeler au public ce qui a fait le succès de son film en 2014. Par ailleurs, on sent déjà que cette « saga » tourne en rond, à peine le deuxième volet entamé. En attendant, Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu? est aussi drôle que le premier.

C’est le but premier de ce long-métrage et c’est totalement assumé. Pas une seconde on nous vend autre chose qu’une suite de sketchs qui feront sourire/rire les uns, et agaceront les autres. Pour ma part, j’ai pris plaisir à retrouver les familles Verneuil et Koffi. J’irais même jusqu’à dire qu’ils m’avaient manqué ! Plus sérieusement, la recette est la même dans cette suite sans prétention. Ce qui me fait demander s’ils n’auraient pas dû s’arrêter à la fin du premier. Mais vu le succès commercial de celui-ci, je pense qu’un troisième volet sera dans les tiroirs. Le volet de trop ?

Le casting est très bien. Christian Clavier fait du Clavier, mais ce n’est pas grave. Chantal Lauby a toujours cette niaiserie exagérée dans son jeu d’actrice, et c’est pour ça que je l’aime en tant que telle. Les autres n’en font ni plus ni moins (on ne leur demande pas le contraire). Ary Abittan, lui, se permet d’être en roue libre, mais pas toujours dans le bon sens. Dans tous les cas, on rit des clichés racistes avec eux (là où À Bras Ouverts inspirait davantage le scandale malaisant). En revanche, on passe rapidement sur le mariage lesbien de la fille Koffi, comme si c’était encore difficile et délicat de rire de l’homophobie. Peut-être au prochain film ?

Bref, Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu? valait bien ces quatre euros. Mais pas plus.

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The Death and Life of John F. Donovan

Dans The Death and Life of John F. Donovan, Xavier Dolan imbrique ses thèmes de prédilection (l’homosexualité, la mère castratrice et aimante, les relations familiales conflictuelles) dans l’univers de la célébrité et des faux semblants. Encore une fois, le réalisateur se met en scène à travers ses personnages, comme un exutoire. Tout du long, on ressent ainsi la détresse, le chagrin, le désespoir, la colère et la solitude des deux antihéros principaux.

Une chose est sûre : Xavier Dolan sait comment mettre en scène une intrigue et la force de son propos. La photographie met bien en avant la beauté des acteurs (surtout Kit Harington), en « dosant » la lumière (par exemple). La bande originale sublime chaque scène du long-métrage (la chanson Sulk de TR/ST rend la scène de la boîte de nuit inoubliable). Et puis, c’était une excellente idée de conclure le film avec le classique Bittersweet Symphony de The Verve : quoi de mieux qu’un titre aussi puissant pour ouvrir le générique de fin d’un film tout aussi puissant ? Un peu comme Rolling in the Deep d’Adele pour ouvrir le bal. Dolan sait tellement bien choisir les chansons qui illustreront ses œuvres sur grand écran.

Enfin, on ne peut ne pas ne pas mentionner les acteurs. Me concernant, il m’est impossible de les départager, tant leur direction est impeccable. Certains sortent tout de même du lot. Parmi les rôles féminins, Natalie Portman et Susan Sarandon incarnent, à leur manière, ces mères à la fois toxiques et aimantes qu’on n’arrive pas vraiment à blâmer, malgré leurs maladresses. Du côté des hommes, Kit Harington et Jacob Tremblay font passer tellement de choses fortes à l’écran, rien que par leur présence. De ce fait, je me suis attaché et identifié sans mal à leurs personnages.

Pour conclure, Ma vie avec John F. Donovan est un beau film (dans tous les sens possibles et inimaginables du terme). C’est une œuvre qui laisse sans voix et transmet tant de choses que, même après la séance, il est encore difficile de digérer. C’est un long-métrage qui ne laisse pas indifférent.

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Rebelles

S’il y a bien un film que je n’avais pas prévu d’aller voir, c’était Rebelles d’Allan Mauduit. Réalisé par celui qui a notamment scénarisé Les Reines du ring et Arès — deux bons films que je vous conseille, au passage —, j’avoue que celui-ci m’intriguait. J’avais d’ailleurs l’impression de retrouver l’esprit du premier long-métrage susmentionné. C’est effectivement le cas de Rebelles, comédie déjantée sanglante qui rappelle le cinéma déluré de Quentin Tarantino.

Des quatre films que j’ai pu voir durant le Printemps du Cinéma, c’est celui-ci qui m’a le plus surpris. Pas par son scénario, qui reste assez convenu et prévisible (on devine la fin sans trop de difficulté). Je dirais même que le film ne va pas assez loin dans son délire. En effet, je pense qu’il y avait tant à faire, mais peut-être que le réalisateur ne voulait pas prendre de risque ? Si c’est le cas, c’est dommage. Cependant, il sait bien manier, doser et distiller l’humour noir de son propos, tout en proposant une mise en scène et des dialogues qui font mouche.

Rebelles est très bien porté par son trio d’actrices principales et par ses acteurs secondaires. On sent ainsi la complicité évidente de Cécile de France, de Yolande Moreau et d’Audrey Lamy à l’écran. On est également charmé par le mystérieux flic incarné par Samuel Jouy. Enfin, on est hilare face à la bande de tueurs belges et au personnage campé par Simon Abkarian.

Allan Mauduit offre donc là un western moderne qui apporte un bon vent de fraicheur à la comédie populaire française, souvent en perdition.

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Captain Marvel

On termine avec ma semi-déception du Printemps du Cinéma : Captain Marvel du duo Anna Boden/Ryan Fleck. Un film même descendu par certains fans les plus fervents de l’usine Marvel. Pourtant, après Wonder Woman, on attendait avec impatience le premier film avec sa superhéroïne éponyme, produit par la maison-mère Disney. C’est finalement un blockbuster en demi-teinte qui pointe le bout de son nez.

Commençons par le plus plombant : Brie Larson. Ça me fait un peu mal de dire ça, tant je comptais sur sa performance pour porter l’ensemble. Hélas, entre ses tics « tout préparés » et son manque de charisme, elle n’a pas grand-chose à proposer. Et selon moi, le problème ne vient pas du personnage, mais bel et bien d’elle. À côté, Jude Law, Annette Bening et Lashana Lynch s’avèrent être beaucoup plus convaincants.

Car en soi, Captain Marvel (le personnage) est intéressant à découvrir. Il propose même une belle morale sur la persévérance et l’acceptation de soi. Le féminisme et la diversité culturelle sont, par ailleurs, amenés plus subtilement que dans d’autres films du même genre. Malheureusement, comme beaucoup de blockbusters, l’écriture scénaristique manque de finesse, en reprenant tous les codes hollywoodiens grossiers. Quant aux références estampillées 90s, tantôt elles sont plaisantes à voir, tantôt elles sont grossières (cf. les chansons de No Doubt et de Nirvana qui tombent comme un cheveu dans la soupe).

On a donc affaire à l’un des films Marvel les moins bons depuis les débuts de la franchise en 2008. La formule arriverait-elle au bout de ses limites ?

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