[CINÉMA] Brothers

Sam Cahill est la fierté de sa famille, celui qui a brillamment réussi. Contrairement à son frère, Tommy, celui qui a toujours été dans son ombre. Mais lorsque Sam repart en Afghanistan et est déclaré mort, Tommy décide de prendre soin de sa belle-sœur, Grace, et de ses deux petites nièces. L’occasion pour Tommy de faire enfin ses preuves. Sauf que Sam n’est pas vraiment mort : lui et un de ses soldats, Joe Willis, sont prisonniers des Afghans…

Il y a de quoi faire un chef-d’œuvre, c’est sûr et certain. Avec un sujet pareil et un casting alléchant (Portman, Maguire et Gyllenhaal), ce Brothers avait énormément de potentiel. Mais lorsqu’on s’appelle Jim Sheridan, le film en question se résume essentiellement à son scénario vraiment brouillon et bâclé.

Car même si Brothers ne réinvente pas l’eau chaude, avec un classicisme plutôt bien assumé, ce n’est pas là son principal défaut. Non. Ce ne sont pas non plus les acteurs qui font défaut (même si on a connu Natalie Portman plus brillante que ça). À vrai dire, ils font vraiment tout ce qu’ils peuvent pour porter le film sur leurs épaules. Ce n’est pas eux qu’on blâmera sur leurs personnages ont été mal exploités. C’est bel et bien Sheridan le responsable, celui qui ne prend pas tellement le temps de bien développer son sujet, et qui préfère miser sur les quelques scènes-chocs éparpillées sur 1 h 40 de bobine (et qui sont par ailleurs très réussites).

Ainsi, même s’il veut nous faire croire sans cesse que Sam est devenu un homme traumatisé par la guerre, on a beaucoup de mal. Alors qu’on est bien convaincus par l’évolution de Tommy, porté par un Jake Gyllenhaal très touchant et sincère jusqu’au bout, qui confirme son statut de nouvelle étoile née. C’est définitivement lui la star de Brothers, celui qui vole sans peine la vedette à Tobey Maguire, qu’on délaisse finalement, malgré un jeu très convaincant. Mentions également à Sam Shepard, la petite Bailee Madison et Patrick Flueger, soit trois seconds rôles hauts en couleur qui nous bouleversent tout autant que celui de Gyllenhaal.

Un drame social américain trop surestimé, qui ne va pas là où on devrait l’attendre, et qui condamne dès le début son potentiel énorme.

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