[CINÉMA] Atomic Blonde / The Beguiled

Quand Charlize Theron est prête à donner des coups de poing à droite à gauche, ça donne Atomic Blonde. Soit un film qui, par la caméra de David Leitch, est déluré et nerveux dans sa forme comme dans son scénario (écrit par Kurt Johnstad). De quoi satisfaire le spectateur « fou furieux » en moi !

J’ai kiffé Atomic Blonde de la première à la dernière seconde ! David Leitch s’amuse comme un gosse à retranscrire (à sa manière) les 80’s sous fond de Berlin coupée en deux et de musique new wave. Je me suis ainsi plu à réentendre et à découvrir les chansons de Nena, de David Bowie, de Queen et de New Order (entre autres) ! La musique vient d’ailleurs apporter au film son côté ironique et très second degré (qui est bienvenu pour ma part).

La photographie fait également un beau clin d’œil temporel à cette période, sans être trop marquée pour autant. Tandis que le look des personnages en rajoute une couche au niveau burlesque. Que c’est donc bon de voir James McAvoy en espion alcoolique et dépravé ! De même que d’admirer le physique androgyne du jeune Bill Skarsgård (le frère d’Alexander). Tandis que Charlize Theron et Sofia Boutella viennent apporter une touche plus féminine à l’ensemble. Tous les quatre (et les acteurs secondaires) s’en tirent bien, grâce à leur charisme et à la caméra de David Leitch, qui les rend tous photogéniques de ce fait.

En outre, la réalisation se permet quelques fantaisies, notamment avec son plan séquence audacieux qui me fait penser que, si Atomic Blonde avait été tourné de cette manière-là, il aurait été génial. En passant, David Leitch « emprunte » la violence de Quentin Tarantino et celle de Nicolas Winding Refn pour l’incorporer à sa propre œuvre. Là encore, si on apprécie la violence gratuite au cinéma, c’est un pur régal pour les yeux et les oreilles.

Mon souci avec Atomic Blonde est néanmoins son scénario. Parce que c’est bien beau de vouloir en mettre plein la vue au public, mais si le script ne tient pas la route, on a alors du mal à suivre et à comprendre l’histoire. À ce propos, Kurt Johnstad essaie de brouiller les pistes un maximum et, par conséquent, il finit également par se perdre dans son écriture. Ce qui donne donc cette fin qui me semble être un peu sortie de nulle part.

En conclusion, si le second degré est votre came (sans mauvais jeu de mots !), Atomic Blonde devrait vous plaire.

***

Je suis un grand fan de Sofia Coppola, car je la trouve différente des autres cinéastes. J’aime sa manière de dépeindre les tourments humains/féminins et sa capacité à sublimer ses acteurs. The Beguiled (Les Proies en VF) ne fait pas exception à la règle, en dépit de ses maladresses scénaristiques qui finissent par plomber ce nouveau long-métrage.

Avec The Beguiled, la fille Coppola semble vouloir retourner à ses sources. En effet, j’ai beaucoup pensé à The Virgin Suicides en regardant Les Proies. Je dirais même que le second est une suite spirituelle du premier (on y retrouve d’ailleurs Kirsten Dunst dans les deux, ce qui n’est pas un hasard). The Virgin Suicides étant le chef d’œuvre ultime pour moi (parmi d’autres), j’ai été ravi de ce gros clin d’œil de la part de leur réalisatrice. C’est ainsi que la première heure du film n’est que perfection (ou presque) à mes yeux !

The Beguiled est beau dans l’âme. Il est ainsi bien travaillé au niveau de sa réalisation, notamment dans la lumière et dans les plans de caméra. Le film véhicule donc un côté voyeuriste qu’il assume de A à Z, ce qui crée alors cette drôle sensation chez le spectateur. Il y a également une forte tension sexuelle qui est instaurée entre Colin Farrell et chacune des trois actrices principales (Kirsten Dunst, Elle Fanning et Nicole Kidman). Cette même tension est, par ailleurs, appuyé par un cynisme ambiant bienvenu. Une fois encore, Sofia Coppola prouve qu’elle sait mettre en scène le désir féminin naissant.

Le casting est, de ce fait, impeccable. Kirsten Dunst incarne à merveille la douceur et la vulnérabilité, tandis que Nicole Kidman occupe bien son rôle de « dominatrice ». Colin Farrell insuffle en nous nos désirs les plus refoulés. Mais c’est surtout Elle Fanning la véritable surprise du long-métrage, tant elle irradie durant chaque scène !  Elle use d’ailleurs à merveille de son visage enfantin pour mieux faire ressortir le côté insolent de son personnage. Les jeunes actrices secondaires se débrouillent très bien aussi, et renforcent la chasteté qui habite chacune des héroïnes.

Malheureusement, le scénario vient plomber ce merveilleux ensemble dès son troisième et dernier acte. L’histoire manquait déjà légèrement de profondeur, mais il y a une scène en particulier qui va briser cette poésie ambiante instaurée depuis le début du long-métrage. On passe donc d’un huis-clos « érotique » et élégant à un thriller banal dépourvu d’originalité… Bien dommage, en somme !

En bref, The Beguiled de Sofia Coppola aurait pu être un grand film sans cette dernière partie « grotesque ». Ce n’est pas pour autant que la fille de Francis Ford Coppola a perdu de son talent de réalisatrice ! Bien au contraire : il est toujours présent en elle ! Et ça me rassure !

2 commentaires

  1. J’ai vu les deux films et les deux m’ont méga déçu. J’ai trouvé que le premier partait vraiment dans tous les sens et n’avait ni queue ni tête. Je m’attendais à quelque chose de simple et sans chichi et je trouve que le second degrés était un peu trop prise de tête… surtout la fin.

    Pour ce qui est des Proies, j’ai juste eu l’impression qu’elle y mettait un peu toutes ses stars juste comme ça, la je m’attendais à une vraie histoire, à ce qu’il se passe vraiment des choses dans un huit clos. Mais il n’y avait aucune tension ni rien et quand on prête un minimum d’attention au film on en devine rapidement la fin. Dommage car elle avait la recette pour réussir ce film. En revanche j’ai trouvé ça intéressant de retrouver Kirsten Dunst dans un autre rôle un peu comme si elle passait la relève de jeune ingénue a Elle Fanning.

    1. C’est intéressant d’avoir des avis différents en tout cas ! C’est vrai que le dernier Coppola a bien déçu. J’ai remarque aussi la « passation » de pouvoir entre Dunst et Fanning (insolente comme pas permis ici <3) !
      Merci pour ta visite en tout cas !

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