[CINÉMA] Ciné Express #6

Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, je vous parle de trois films avec des héroïnes au premier plan : Everything Everything de Stella Meghie, Chez Nous de Lucas Belvaux et Faut Pas Lui Dire de Solange Cicurel !

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Everything Everything

Après avoir vu la bande-annonce, je m’attendais à un divertissement Young Adult directement inspiré de Nos Étoiles Contraires. Dans l’esprit, il faut admettre que c’est un peu ça. Et quand j’ai compris que ce serait une rom com comme on en voit sans arrêt à la télévision et au cinéma, je me suis pris au jeu. Ce qui fait que j’ai bien aimé Everything Everything dans l’ensemble !

J’ai beaucoup ri durant le film, puisqu’il y a beaucoup de répliques qui sont drôles. Et il y a également des moments qui sont drôles sans l’être. La salle a même rigolé pendant une réplique que l’héroïne lance à son boyfriend, c’est dire… De ce côté-là, c’est cucul et niais, tout en vendant une fausse idée du grand amour aux adolescentes. En plus, le twist final amène un message vraiment douteux de la part de l’auteure et de la réalisatrice. Et puis, on la connaît l’histoire de la petite adolescente bien sous tous rapports (et vierge), qui attend qu’un homme vienne la sauver. Stella Meghie n’est pas du tout subtile à ce propos, puisque tout nous indique que Maddy va faire son entrée dans l’âge adulte. Bref, rien de neuf sous le soleil.

Là où Everything Everything se différencie, c’est à travers quelques-unes de ses scènes qui sont plutôt originales. En effet, vu que l’histoire est racontée du point de vue de Maddy, on a donc droit à ses pensées et à la manière dont elle s’imagine parler à Olly par SMS. Ça donne donc un aspect assurément décalé à l’ensemble, en dépit du côté finalement très téléphoné. Parce que, bon, je ne sais pas vous, mais je trouve que Maddie et Olly n’ont pas de raison valable pour s’aimer. Cela dit, tout est cliché dans ce film, y compris les personnages principaux. Restent les performances respectives d’Amandla Stenberg et de Nick Robinson, qui forment un joli couple à l’écran.

Si vous voulez jeter un œil à Everything Everything, attendez-vous donc juste à une comédie romantique pour filles. Et si vous êtes fleur bleue dans l’âme, ça devrait vous plaire.

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Chez Nous

Réalisateur du génial Par Son Genre, Lucas Belvaux s’allie de nouveau à la talentueuse Émilie Dequenne pour nous proposer le drame/thriller social Chez Nous. Sorti avant/durant la campagne des élections présidentielles, ce film a beaucoup fait parler de lui et divisé. À tort ou à raison ?

Me concernant, j’ai passé un bon moment devant. J’ai trouvé le casting très bien, que ce soit Émilie Dequenne, André Dussolier ou Guillaume Gouix. J’émets un bémol sur Catherine Jacob, qui n’est « juste » qu’une caricature de Marine Le Pen sur grand écran. Elle a effectivement compris le personnage public qu’est la figure du FN, mais je pense que Lucas Belvaux aurait dû baser son écriture davantage sur la personnalité de cette dernière. Pour le reste des idées véhiculées dans Chez Nous, je les trouve intéressantes et justes pour la plupart. Et elles peuvent parfaitement s’appliquer aux méthodologies des autres partis politiques. Le (gros) souci est que toute cette histoire est finalement tirée par les cheveux…

Pour commencer, l’héroïne se fait avoir un peu trop facilement. Et elle n’a vraiment pas de chance, se fait manipuler par tout son entourage (ou presque). Ensuite, on dirait que Lucas Belvaux a voulu incorporer un aspect thriller « à l’américaine » à son histoire, mais ça ne fonctionne pas vraiment. Pire : on a l’impression de regarder un épisode de Plus Belle La Vie par moments, tellement les ficelles scénaristiques sont grosses. Enfin, le réalisateur cherche clairement à démonter le FN de bout en bout. Or, pour ma part, je m’attendais à ce qu’il soit plus neutre dans son scénario, en montrant les bons et les mauvais côtés de chaque camp. C’est bien dommage, donc.

En conclusion, Lucas Belvaux a voulu écrire et réaliser son œuvre de propagande « anti-FN », et il en résulte une fiction trop manichéenne dans son genre.

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Faut Pas Lui Dire

Une comédie de filles française « à l’américaine », ça vous dit ? Par contre, je vous préviens de suite : Faut Pas Lui Dire de Solange Cicurel va exactement là où on l’attend. Si vous avez vu la bande-annonce au préalable, vous aurez alors une sale impression de déjà-vu. Est-ce que ça en fait un mauvais film pour autant ?

Eh bien, non ! Je suis moi-même surpris de vous dire ça, mais j’ai passé un très bon moment devant Faut Pas Lui Dire. C’est sans prétention, on rit à la plupart des vannes et on sent qu’il y a une réelle complicité entre les différents acteurs. Le casting s’en sort convenablement, même si l’interprétation des quatre actrices est forcée par moments. Celle de Jenifer Bartoli sonne un peu faux, certes, mais je peux vous assurer que j’ai vu pire qu’elle sur grand écran cette année.

Mais voilà, c’est très convenu comme long-métrage. Solange Cicurel ne cherche pas à surprendre le spectateur, et ce à aucun moment. Tout est cliché, des intrigues aux différents protagonistes, en passant par la mise en scène et les dialogues. Ceci dit, je trouvé que certaines lignes de dialogue étaient bien trouvées, notamment par rapport au personnage d’Arié Elmaleh. Et puis, il y a ce côté « américain » qui donne du peps à l’ensemble.

Faut Pas Lui Dire est donc une comédie « pas prise de tête », qui ne nous demande rien d’autre que d’adhérer à ce qu’elle nous propose. Ce qui ne marchera pas à tous les coups, cependant.

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