[CINÉMA] Aurore

Mon dernier film vu au cinéma est Aurore de Blandine Lenoir. Le film commence et j’ai alors peur d’une énième comédie caricaturale, dont les principaux gags sont dans la bande-annonce. Le générique de fin arrive et je suis émerveillé par ce que je viens de voir. Pour moi, Aurore est à ce jour le film français de l’année 2017, devant le génial Corporate avec Céline Sallette.

Aurore est un film de femmes, à la manière de Volver de Pedro Almodóvar. C’est une œuvre qui rend hommage à ses différents protagonistes féminins, tant dans la forme que dans le fond. Ils sont ainsi constamment mis en avant, que ce soit dans l’intrigue générale comme pour dénoncer la misogynie ambiante de notre société. À ce propos, tout y passe : le monde du travail, les fringues et le reste. Et nos héroïnes se défendent très bien face à ces hommes qui tendent à les considérer comme des objets sexuels. Mais l’inverse se produit également, notamment avec les personnages incarnés par Thibault de Montalembert et par Samir Guesmi. Le film de Blandine Lenoir parvient donc à mettre en scène de belle manière l’équité qui (peut) existe(r) entre les femmes et hommes.

Le casting se défend également très bien, même si tout le monde gravite autour d’Agnès Jaoui, qui joue le rôle-titre. Je ne suis pas spécialement fan de cette actrice et ne connaît pas trop sa filmographie, mais je la trouve resplendissante dans ce personnage de quinquagénaire rattrapée par les erreurs de son passé. Son côté humain et vulnérable fait qu’on s’attache et s’identifie à elle, son parcours étant finalement celui de n’importe quelle autre personne. Elle fait face aux embûches et apprend à les semer, au fil de son expérience de vie. Pour moi, c’est clairement un rôle qui la met en avant. Je ne serais d’ailleurs pas étonné si elle récoltait une nomination aux César, dans la catégorie Meilleure Actrice.

En outre, Aurore a un scénario et une mise en scène très efficaces. On rit de bout en bout, tant les situations qui nous sont présentées sont drôles. Ce qui peut freiner, en revanche, est le côté caricatural justement et, donc, le jeu des acteurs qui devient « exagéré » de ce fait. Comme je vous le disais au début de mon article, j’ai fini par m’y faire de mon côté, mais je peux comprendre que ça puisse hérisser les poils de certains. On peut adhérer à ce genre de film comme on peut détester. Pour ma part, l’histoire et son message véhiculé ont eu raison de moi.

Aurore de Blandine Lenoir est donc une œuvre solaire, un feel-good movie à la française qui nous redonne du baume au cœur quand tout va mal. Et ça fait du bien de voir des films comme ça au cinéma !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *