[CINÉMA] Beauty and the Beast (2017)

Note de l’auteur : Cette critique contient d’éventuels spoilers. Si vous n’avez pas encore vu le film, ne lisez pas l’article.

Ça y est : je peux enfin vous parler de l’adaptation « live-action » de La Belle et la Bête des studios Disney ! J’attendais cette nouvelle version depuis sa mise en chantier et l’annonce d’Emma Watson dans le rôle de Belle ! Je suis sa carrière de près depuis la fin de la saga Harry Potter et trouve qu’elle fait des choix intéressants en matière de rôles, à peu d’exceptions près. Et j’avais plus que hâte de voir comment elle allait s’en sortir dans Beauty and the Beast !

Je diviserai ma critique en plusieurs parties, qui reprendront ainsi les points qui me semblent être les plus importants pour moi. J’y dévoilerai le moins de spoilers possibles, bien qu’il faille bien savoir une chose : l’histoire est la même et son scénario suit les mêmes étapes que la version originale de 1991. Avec des ajouts non négligeables qui font plaisir !

Avant-propos : les éternels débats…

En premier lieu, j’aimerais revenir sur les trois débats qui ont entouré le film de Bill Condon : le personnage de Le Fou, la présence de gens de couleur au casting et l’utilité d’un tel remake. Je vous le dis de suite : pour moi, ces débats sont inutiles et n’ont pas lieu d’être.

Concernant le fait que ce film soit utile ou pas, j’ai envie de vous retourner la question pour les derniers films de la saga Star Wars, pour les autres films « live-action » de Disney comme Le Livre de la Jungle et Maléfique, pour l’énième reboot de la franchise Spider-Man, etc. Comme certains trouveront que le Cinéma est un art futile. On peut tourner en rond pendant des heures à ce sujet. Je pense donc qu’il faut prendre ce film tel qu’il est : comme un redite plus moderne d’un film d’animation (qui était déjà assez moderne pour son époque). Comme il faut aller le voir en ayant l’esprit bien ouvert.

Pour l’homosexualité et la mixité du casting, j’ai envie de vous dire qu’on est en 2017. Et, surtout, quand on va voir un film avec des objets qui parlent, chantent et dansent, je ne pense pas qu’il faille s’attendre à du réalisme flagrant. Personnellement, je n’en ai rien à faire de ce genre de détails dans une œuvre produite par Disney. Pour Le Fou, j’ai été étonné de voir qu’ils avaient assumé son orientation sexuelle jusqu’au bout (même s’ils ne font « que » suggérer son attirance pour les hommes).

Je tenais à commencer cet article par ces éléments, parce que j’en avais tellement marre que les gens jugent le film avant sa sortie en salles. Sur ce, parlons de Beauty and the Beast.

Le scénario : un « plagiat » ou pas ?

Si vous vous attendez à ce que chaque scène du film d’animation soit reproduite à l’exact identique, vous vous trompez. Du moins, pas complètement. En effet, beaucoup de lignes de dialogues sont reprises, de même que beaucoup de plans. De plus, à l’instar de son ancêtre, le film de Bill Condon relate l’Amour naissant entre Belle et la Bête de la même façon, en suivant les mêmes étapes que celles de la narration originale. Néanmoins, le réalisateur a su apporter des changements bienvenus et pertinents, notamment pour façonner davantage la personnalité de chaque personnage.

C’est ainsi que le premier quart d’heure fera directement référence au conte de fées écrit par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Plus loin dans le film, les deux héros se rapprocheront après la scène des loups dans la forêt, certes, mais également via leur passion commune pour la littérature. Tandis que leurs passés respectifs vont davantage les lier, chacun étant orphelin de leur mère. Pour moi, ce sont des détails intéressants qui renforcent leur relation amoureuse. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai davantage apprécié la seconde partie du film, par rapport à la première qui s’avère être maladroite par moments.

Les personnages secondaires gagnent aussi en intérêt dans ce nouveau long-métrage, notamment ceux de Le Fou – j’en ai déjà parlé dans ma première partie –, de Gaston, de Maurice et des différents objets. Si l’antagoniste principal va passer du simple « dragueur un peu rustre » à l’homme atteint de « folie amoureuse meurtrière » (je sais que c’est exagéré, mais autant appeler un chat un chat), Maurice est l’opposé de son homonyme animé, tant il est clairvoyant face à la situation générale et protecteur envers sa fille. Quant aux objets, ils ont eux aussi droit à leur propre histoire, ce qui permet d’épaissir davantage le récit dans son ensemble.

Là où le film d’animation faisait donc juste le « job », le film « live » tente d’aller plus loin et c’est tout à son honneur. Mais il recèle de maladresses, qui auraient pu être évités. Comme le « deuxième acte » : du moment où Belle se sacrifie pour sauver son père jusqu’à celui où la Bête la sauve dans la forêt. De même que certaines scènes qui étaient fortes en émotions dans le dessin-animé et deviennent quelconques ici. J’avoue que ça m’a fait « grincer des dents » et ça rend donc le film imparfait. Dans ce sens-là, en tout cas.

Un casting qui mérite bien sa place ?

Avant la sortie de Beauty and the Beast et à l’annonce de son entrée dans le casting, Emma Watson n’a cessé d’en prendre plein la face. Évidemment que, comme la plupart, j’attendais de voir comment elle allait incarner l’héroïne. Pour ma part, je trouve qu’elle se débrouille bien et je l’ai d’ailleurs préférée durant les scènes où elle pleure ou se met en colère. Elle chante plutôt bien (malgré la légère d’impression d’auto-tune dans sa voix). Elle est également déroutante dans le rôle, dans le sens où elle est assez loin de la petite fille de campagne niaise, à qui il ne suffit d’un rien pour être émerveillé. C’est le cas, par exemple, durant le tableau Be Our Guest / C’est La Fête : elle est davantage surprise et intimidée que véritablement enchantée. Je pense même que Bill Condon a voulu mettre en avant sa fascination pour les histoires d’Amour interdites (comme celle de Shakespeare). Et ça correspond bien à ce qu’est devenue Emma Watson, finalement. Dernier point appréciable la concernant : en regardant le film, je n’ai pas pensé une seule seconde à son rôle d’Hermione Granger. Comme quoi, elle arrive à laisser derrière elle la franchise qui l’a révélée au grand public.

Quid des autres ? Je pense honnêtement que c’est un sans-faute. J’ai néanmoins une préférence pour Luke Evans et Josh Gad. Le premier incarne à la perfection le rôle de Gaston, en parvenant même à le rendre plus méchant encore que le personnage de 1991. La bataille finale le prouve, à ce propos. Concernant Josh Gad, il rend intéressant un personnage qui n’avait vraiment rien pour lui, il y a plus de vingt ans. Il arrive bien à jouer sur l’ambigüité de ce dernier : se ranger par Amour pour Gaston ou suivre sa propre voie. On n’oublie pas Kevin Kline, Ewan McGregor (qui a un accent français « forcé » agréable à entendre), Emma Thompson, Ian McKellen, Audra McDonald et le reste du casting secondaire. Franchement, c’est rare de voir que tous les acteurs soient bons dans un casting cinq étoiles comme celui-là !

Pour terminer cette deuxième partie, j’aimerais revenir sur Dan Stevens, qui joue la Bête / le Prince. En regardant le film, j’étais assez dubitatif le concernant. Car la Bête de 2017 est loin du personnage original par lequel j’étais effrayé et auquel j’avais fini par m’attacher. Ici, le personnage est plus humain, plus « noble » et, par conséquent, moins animal. J’en reviens donc au fait que j’ai véritablement apprécié le film dès sa seconde partie. Ainsi, on ressent plus d’aisance de la part de Stevens et l’alchimie qu’il forme avec sa partenaire. Même si, personnellement, j’ai vu mieux en termes de romance sur grand écran, mais je les ai sentis bien ensemble.

Par conséquent, je n’ai rien à redire du côté des acteurs.

Un beau film dans sa forme ?

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à La Belle et la Bête de Bill Condon, c’est que ce dernier a une touche esthétique indéniable dans sa filmographie. Y compris dans les deux derniers volets de la saga Twilight, malgré certains effets kitchs qui plaisaient ou faisaient grincer des dents. Dans Beauty and the Beast, les décors sont magnifiques et les effets spéciaux sont supers, notamment l’animation des objets. En revanche, il y a quelques éléments qui me chiffonnent encore :

  • Certains FX laissent clairement à désirer, notamment la transformation de la Bête que j’ai trouvée quelconque.
  • L’apparence de la Bête est également une semi-déception, dans le sens où le personnage ne fait pas peur contrairement à la version animée et, surtout, parce qu’on voit bien qu’il est « faux».
  • J’ai quand même noté trois plans flous, qui arrivent quand Belle visite certaines pièces du château et durant la scène de bal. Un comble pour un film à gros budget de cette ampleur.

Venons-en maintenant au propre du film : les chansons. Car, si vous ne le saviez pas encore, La Belle et la Bête est une comédie musicale. Pas dans le genre de Les Misérables de Tom Hooper, loin de là. Mais il faut dire que ça chante beaucoup. Les actes musicaux s’enchaînent alors sans interruption, surtout au début. À ce moment, je me disais que ça faisait trop, que j’avais besoin de souffler avec les personnages. Par la suite, les tableaux sont mieux répartis, ce qui crée un bon équilibre entre le divertissement familial et la comédie musicale. Mes moments préférés sont :

  • Belle et sa reprise (qui est ma favorite, par ailleurs) ;
  • Gaston: autant je détestais ce titre à l’époque, autant la mise en scène et les arrangements sont géniaux ici ;
  • Something There/ Je ne savais pas, dont j’apprécie beaucoup la nouvelle mise en scène ;
  • How Does a Moment Last Forever (Montmartre);
  • The Mob Song.

Au contraire, Be Our Guest, Days in the Sun, Beauty and the Beast et Evermore (surtout elle, dont j’en attendais énormément) m’ont refroidi. Bon, peut-être qu’au prochain visionnage, je réviserai mon jugement, mais des chansons comme C’est la Fête et Histoire Éternelle méritaient un meilleur rendu à mes yeux. Après, ce qui est déroutant est l’aspect « Broadway » que Bill Condon a voulu incorporer au film, qui s’inspire directement du film d’animation pour ça. Et ça se ressent sur Belle et sur Evermore, tout particulièrement. Il faut aussi savoir que j’avais écouté la bande originale avant la sortie du film et que j’ai ainsi eu le temps de l’apprécier à sa juste valeur. J’ai également écouté la version française et dois dire que j’ai été très surpris du rendu final. En passant, je pense retourner voir La Belle et la Bête en VF, donc à voir si mon ressenti change.

Sur ce dernier élément, il y a des choses à redire, même si le résultat reste attrayant dans l’ensemble.

À noter que, en version originale, les paroles des chansons les plus connues sont les mêmes que celles de notre enfance. En revanche, il y a eu certains changements dans la VF et, encore une fois, certains fans ont gueulé à cause de ça. Ils ont même remis en cause la synchronisation labiale. Honnêtement, je pense que Disney sont des professionnels dans ce domaine-là (et ils le démontrent depuis des années). Encore un débat inutile, en somme.

La Belle et la Bête aussi épique en 2017 qu’en 1991 ?

C’est la question que beaucoup se posent et qui fait écho au débat de l’utilité d’un remake de ce grand classique. Moi, je pense juste qu’il faut oublier le film de 1991 et aller voir celui-là en en n’attendant rien de particulier (pour être ainsi surpris). Oui, je reconnais avoir été déçu sur certains aspects. Mais je sais aussi que j’avais des étoiles plein les yeux, que j’ai pu m’évader deux heures durant dans ce château enchanté et que j’ai envie de revoir le film.

Beauty and the Beast de Bill Condon ne marquera donc peut-être pas les annales, mais il fait le job proprement : à savoir rappeler au public que Disney sait dépoussiérer ses plus belles histoires, en les modernisant et en en conservant l’esprit originel.

En bonus !

Je vous propose de découvrir quelques-uns des titres de la bande originale américaine, si ce n’est pas déjà fait. Bonne écoute !

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Fab!en

Blogueur Culturel chez EscapeToCulture.net
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2 commentaires

    1. Je pense que ça dépend des attentes. Personnellement, le film a comblé mes attentes car effet de fan service. C’est quoi que t’as pas aimé ?

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