[CINÉMA] Moonlight

Il y a des films dont on entend parler et qui nous intriguent, de par la réputation qu’ils se forgent et de par le sujet qu’ils abordent. Avec trois Oscars au compteur, Moonlight suscitait ma curiosité depuis sa sortie française et j’ai également eu de bons échos. Après mon visionnage, je peux effectivement confirmer que l’œuvre de Barry Jenkins est un chef d’œuvre à part entière.

L’homosexualité est un sujet délicat, qu’il est souvent dur de traiter au cinéma ou sur un autre support. On tombe inévitablement dans le cliché pur et dur, dans la majorité des cas. Mais dans Moonlight, le héros gay en question est ordinaire, avec ses fragilités qui le façonneront tout au long de son existence. Pour nous conter son existence, Barry Jenkins a divisé son histoire en trois parties qui, chacune, portent un nom qui caractérise le personnage principal durant l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte : Little, Chiron et Black.

Dès le départ, le cadre est posé de telle façon qu’on s’attache et s’identifie à Chiron. On le présente comme étant un garçon différent. Ce dernier a une manière d’être et de se comporter qui ne plaît pas forcément aux autres, à commencer par sa mère (Naomie Harris). Cette mère qui sera son pire bourreau, son pire ennemi. Celle qui précipitera la « chute » de son fils et cherchera son pardon par la suite. Puis, ses camarades de classe, qui le harcèleront jusqu’à le pousser à bout. Tandis que d’autres personnes lui voudront sans cesse (ou presque) du bien.

D’abord, Juan – Mahershala Ali livre une très belle performance, à cent lieues de son rôle de la saga Hunger Games – et Teresa (Janelle Monáe), qui seront ses parents de substitution et grâce auxquels Chiron pourra trouver un semblant d’équilibre. Et puis, Kevin (Jaden Piner, Jharrel Jerome et Andre Holland), son grand Amour, le seul homme – la seule personne – qui ne l’ait jamais touché physiquement et sentimentalement. Il y a une alchimie évidente entre ces deux hommes, ce qui ne veut pas dire qu’on a droit à des scènes vulgaires gratuites. Au contraire, leur romance est mise en place de manière subtile et pudique, et ce, grâce à la beauté des plans de caméra et au jeu des acteurs.

Enfin, il y a Chiron. Les trois acteurs qui l’incarnent – Alex R. Hibbert, Ashton Sanders et Trevante Rhones – sont justes et sincères dans ce qu’ils transmettent. Ils rendent le personnage profondément humain. Comme je le disais plus haut, on se reconnaît aisément en lui. Il a un côté masculin et un côté féminin que beaucoup d’hommes ont, ce que Barry Jenkins a su démontrer d’une bien belle manière.

Moonlight peut également compter sur une photographie à l’image de son scénario. Les couleurs sont assurément belles et utilisées à bon escient. Elles contrastent selon les situations dans lesquelles les différents personnages se trouvent. Ainsi, les tons bleus sont apaisants à l’œil pour le spectateur et rassurent le héros. Alors que les tons roses seront plus là pour instaurer une sorte d’ambiance pressante pour Chiron.

J’aimerais également parler du message véhiculé par Barry Jenkins dans son long-métrage. En premier lieu – je crois que c’est la première fois, d’ailleurs –, le héros est afro-américain et homosexuel. C’était un pari risqué, dans le sens où les ghettos américains sont souvent dépeints comme étant machos et homophobes. C’est bel et bien le cas dans Moonlight et c’est montré avec beaucoup de distance, de la part du réalisateur. De plus, les personnages homophobes ne sont pas forcément ceux qu’on croit (cf. la conversation pleine de sagesse qui a lieu entre Juan et le jeune Chiron). Pour finir, j’ai aimé la manière dont sont représentés les hommes (quand la proviseure dit à Chiron : « Tu serais vraiment un homme, il y aurait quatre garçons assis avec toi ! »). De ce côté-là, le film est très juste et va à l’encontre des stéréotypes auxquels on s’attendrait au préalable.

En conclusion, Moonlight sera très certainement un film à la fois culte et intergénérationnel, tant son sujet de prédilection (pourtant « restreint ») parvient à toucher autant de monde. À voir, puis à revoir !

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Fab!en

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