[CINÉMA] High-Rise

High-Rise - Tom Hiddleston (2)

J’ai du mal à me décider, quant à ce film. D’un côté, j’ai l’impression que le réalisateur a raté son coup. De l’autre, je me dis que c’est peut-être un film incompris. En gros, c’est un sentiment d’ambivalence qui m’envahit, à l’heure où je m’apprête à vous parler de High-Rise, film du britannique Ben Wheatley.

Mais à quel genre peut-on associer High-Rise ? C’est là tout le problème ou sa principale qualité. On pourrait dire qu’il lorgne tantôt vers la science-fiction, tantôt vers le thriller. Puis il emprunte le chemin de la comédie noire, pour finir dans un mélange cinématographique incongru. Associé à son propos clair et pertinent sur le papier – et pourtant ô combien « invisible » dans la forme –, on ne sait finalement pas dans quelle direction il tend à aller.

L’idée d’imager le capitalisme à travers l’orgie sous toutes ses coutures a de quoi séduire. On la perçoit bel et bien, bien qu’à moitié seulement. Que reste-t-il alors, dans ce cas ? Un scénario et une mise scène brouillons, de même que des tentatives d’humour quelque peu infructueuses.

Comme je l’ai dit, le propos est percevable, on comprend (à peu près) où le réalisateur veut en venir. Mais ce dernier fait partir son film dans tous les sens, à partir du moment où les personnages « du haut » décident de défier ceux « du bas » au jeu du « celui qui organisera la plus grosse fête dans la tour ». Pendant que, au supermarché du 15ème étage, les voisins se battront pour avoir le dernier article disponible. Ou que le résident du 25ème essaie de faire respecter les règles communautaires coûte que coûte. Un mélange indigeste, qui implique au spectateur d’être ouvert à toutes les folies possibles. Mais il y a des fois où ça ne marche pas.

High-Rise - Tom Hiddleston (1)

Il y a également de nombreux personnages, qui incarnent des personnalités variées et diverses. On s’amusera peut-être alors à reconnaître des gens qu’on a déjà croisés dans la vraie vie. Or quand les personnages ne sont pas attachants – faute au scénario confus –, la tâche s’avère être difficile. Le seul pour qui on ressent une véritable empathie, aussi minime soit-elle, est celui de Tom Hiddleston. Un acteur que je pense suivre désormais de près. Ce dernier incarne bien la froideur, à travers sa gestuelle et son phrasé, et la peur, à travers son regard (presque) innocent. On s’identifie à lui sans mal car, comme nous, il ne sait pas véritablement sur quel pied danser et à quel groupe social appartenir. Bref, Hiddleston est une valeur sûre dans le Septième Art.

On ne sait donc pas comment se positionner face à High-Rise. Il y a de l’ambition et, dans le même temps, le scepticisme nous envahit à la fin de la séance. Bilan : mitigé.

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