[CINÉMA] Closer

Alice aime Dan, qui la trompe avec Anna qui, elle, est amoureuse de Larry, qui va finir par s’éprendre d’Alice. Tous les quatre jouent un jeu pervers et dangereux, dont personne ne sortira indemne…

Pour tout vous dire, je m’attendais à un film avec beaucoup de « rebondissements ». Je veux dire par là que j’espérais une ambiance plus sensuelle, donc plus « vive ». De ce côté-là, la première demi-heure nous enchante : les dialogues sont très crus, tandis qu’une alchimie sensuelle naît entre les différents couples qui se forment. C’est après que ça se gâte.

Si je devais faire une comparaison, je dirais que Closer est du sous-Allen pour les raisons suivantes :

  • la réalisation est « simple », même si elle joue beaucoup sur les gros plans, afin que le spectateur lui-même éprouve de l’intensité vis-à-vis des différents personnages ;
  • la musique classique sert principalement de bande originale, malgré quelques titres pop américains bien radio friendly;
  • les thèmes qui sont abordés (l’amour, le sexe et l’infidélité) ;
  • les dialogues qui sont (faussement) philosophiques.

Quand on veut imiter les plus grands, on ferait mieux parfois de s’abstenir, comme c’est le cas ici.

Quant au scénario et au montage, que dire… C’est affreux dans les deux cas. Mike Nichols cède ainsi à la facilité, en optant pour les ellipses. Ainsi, pour ne pas perdre de temps (et donc pour ne pas faire perdre le nôtre), il nous offre de jolis blancs « nuageux » (je ne saurais même pas comment décrire ça, pour tout vous dire). Du coup, pendant une heure quarante, on assiste à un « je t’aime moi non plus » absolument navrant : quelqu’un en couple avec quelqu’un d’autre, ce premier quelqu’un va coucher avec un deuxième quelqu’un d’autre, qui lui va aller… Inutile que je continue, tant la suite est évidente à deviner. Non seulement on s’ennuie, mais on est consterné par ce grand manque de crédibilité.

Et puis, il y a ce casting de rêve, l’argument en béton qui nous pousse à regarder un navet tel que Closer. Si j’attendais de Julia Roberts qu’elle soit plus vénéneuse en tant qu’Anna, ses trois partenaires s’en sortent mieux. La palme revient à Clive Owen qui, en plus d’avoir écopé du rôle le plus complexe, est aussi le plus photogénique. Natalie Portman joue juste (mais pas au point d’obtenir un Golden Globe) et Jude Law s’en sort également bien. Mais encore une fois, on se demande ce qu’ils sont tous allés faire dans cette galère.

À la limite, la seule chose qu’on retiendra vraiment de ce film sont les dialogues crues, que s’échangent Jude Law et Clive Owen. De l’humour noir comme on aime. Quant au reste, c’est tout bonnement oubliable.

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